La taille de police du dernier rang…une Apps à développer ?

Vous l’avez sans doute remarqué quand vous assistez à une présentation dans un amphi : au dernier rang (et souvent dès le milieu de la salle), impossible de lire les diapositives projetées. Pourtant, le support visuel contribue à la compréhension du discours et à sa mémorisation.

Mais avez-vous tenté de passer de l’autre côté et de demander aux organisateurs de l’événement la taille de police de caractères minimale permettant d’être lu au dernier rang dans leur salle ? Si vous avez eu une réponse, félicitez vos interlocuteurs. C’est le nombre à connaître quand on prépare un exposé mais il semble un secret bien gardé.

Alors, existe-t-il une Apps qui permettrait, à partir du nombre de rangs dans la salle, de communiquer la taille de caractères à utiliser ?

Sans cette Apps, et quand j’ai du temps (et que la salle est libre d’accès), je viens très en avance, j’installe le matériel de projection et je me place au dernier rang pour lire mes diapositives de loin et apporter si besoin les modifications nécessaires.

La bataille Apple – non Apple a aussi son impact : la conversion d’un monde dans l’autre déforme les visuels prévus et donne parfois quelques surprises aux conférenciers, les systèmes de vidéo projection étant souvent issus du monde Microsoft.

Un autre élément parfois difficile à obtenir : un tabouret haut pour ne pas devoir rester debout durant toute la durée de son exposé. La longue succession de cérémonies de vœux institutionnels auxquels j’ai pu assister durant ce mois de janvier me confirme que rester debout durant plusieurs heures semble une compétence requise, tant pis si nos muscles et autres tendons n’ont plus 20 ans.

Par contre, il est de plus en plus courant de disposer d’un micro mobile (ceux qu’on tient comme une glace sous son menton) ou d’un micro-cravate afin de ne pas être condamné à l’immobilité derrière le pupitre fixe avec tout ce qu’il enlève de dynamique à votre prestation.

Pour en finir avec les détails pratiques, la bouteille d’eau reste appréciée du conférencier mais il faut parfois la demander avec insistance (ou l’emporter à l’avance dans son sac…).

Voilà, un petit billet d’humeur et d’humour avant de reprendre la série consacrée à quelques réflexions sur l’égalité et la mixité.

Au fait, pour l’Apps, je suis preneuse, et si possible en dehors du monde Apple : rien contre, mais force d’habitude, après 25 ans chez IBM, je n’ai pas encore basculé dans le monde des I-xxx.

taille-police

Non à la dictature des % !

Oui aux chiffres et aux faits, à condition de bien les comprendre ! Les informations regorgent de chiffres mais hélas surtout de pourcentages, une notion pas facile à bien interpréter.

Exemple : on peut imaginer que le déficit du budget de l’Etat français ne serait pas si important si, au lieu de parler depuis des années de 3 ou 4% du P.I.B (dont on ignore aussi la signification), on disait tout simplement

  • Recettes = 282 milliards d’euros
  • Dépenses = 370 milliards d’euros
  • Déficit = 88 milliards d’euros *

Dès l’enfance, on comprend qu’on ne peut pas (longtemps) dépenser plus que l’on ne gagne sans conséquences.

Et le % pertinent ici c’est 88 divisé par 282 soit 31% : et oui, le déficit représente un tiers des recettes. C’est autre chose que 3% du PIB, ce petit 3 qui ne fait pas peur…

Dans d’autres cas, on ne sait plus à quoi se réfère le %

Exemple : il y a x% de femmes cadres est-ce que cela veut dire que sur 100 femmes, il y a x cadres ou que sur 100 cadres, il y a x femmes ?

En pratique, en France, 13% des femmes actives sont des cadres (contre 19% des hommes) et 39% des cadres sont des femmes (les hommes étant les 61% restants) **pourcentageEt pourtant, parfois, on manque de chiffres.

J’ai déjà évoqué le cas de la médecine (19 juin 2015 – Chiffre du jour) : ignorer que la majorité des nouveaux diplômés sont des femmes n’aide pas à résoudre le problème de leur installation dans les déserts médicaux. La disparition progressive des pharmacies en milieu rural vient peut-être aussi en partie du fait que 67% des pharmaciens sont des pharmaciennes. « La féminisation de la profession n’est pas un phénomène nouveau. Elle est particulièrement marquée dans la section des pharmaciens adjoints (81 %) et celle des pharmaciens hospitaliers (75 %) […] Seulement 30% des étudiants choisissent actuellement la filière officine (auparavant 60 à 70 %).» ***

De manière plus générale, penser mobilité géographique des individus sans prendre en compte leur situation familiale – en couple, seul avec des enfants, en charge de parents âgés, en garde alternée, etc…–  est une aberration.

Pour accompagner la prise des bonnes décisions, l’idéal est donc de disposer des chiffres pertinents et de savoir les interpréter.

* Chiffres 2012 – source Ministères.

http://www.economie.gouv.fr/files/plf2014-essentiel.pdf

** Source INSEE Références – Regards sur la parité

*** Chiffres 1er janvier 2016 – source Ordre des pharmaciens.

http://www.ordre.pharmacien.fr/Le-pharmacien/Le-metier-du-pharmacien/La-demographie-des-pharmaciens2

La présence des femmes a progressé à l’Université d’Eté du MEDEF

de 18 à 29% entre 2013 et 2016. Parmi les intervenants et animateurs des sessions plénières et des tables rondes en parallèle

  • En 2013 : 30 femmes et 135 hommes soit 18% de femmes avec 4 tables rondes sans aucune femme.
  • En 2016 : 59 femmes et 144 hommes soit 29% de femmes. Une seule table ronde sans femme et deux tables rondes où les femmes sont majoritaires. Si l’on ne tient compte que des intervenants, le % atteint 33 : les animateurs, issus des media, étant plus souvent des hommes (17 versus 6 femmes).

Est-ce le fruit d’un effort volontaire des organisateurs ou le fait que de plus en plus de femmes sont de fait présentes dans les lieux de pouvoirs ? Le résultat est là et encourageant.

Voir également sur ce blog notre suivi des Comités de Direction – dernière version le 15 janvier 2016 « après le plafond de verre, les parois ? »

Dessin original d'Ariane Ducellier

                                  Dessin original d’Ariane Ducellier

Mars, mois pour les femmes ?

La grandissante légitimité du sujet pourrait se mesurer à la multiplication des événements organisés à l’occasion du 8 mars, journée internationale des femmes (*) et (**). Une journée n’y suffit plus. Associations, entreprises, syndicats, partis politiques, clubs et réseaux divers, chacun aborde le sujet sous un angle différent.

Et justement, une publication de l’INSEE nous apprend que la vie associative s’est elle aussi plus féminisée, avec presqu’autant de femmes que d’hommes engagés dans des associations. Voici l’évolution sur 30 ans :

  • 2013 : 44% des hommes et 40% des femmes sont membres d’au moins une association.
  • 1983 : 53% des hommes pour 34% des femmes

Mais les domaines de prédilection restent différenciés :

  • Syndicats et sport pour les hommes, plus présents aussi dans la défense des droits
  • Culture, action sociale pour les femmes, plus présentes dans des activités dites de convivialité

vie associative et femmes

Concernant 42% des français de plus de 16 ans, l’activité associative est le reflet des attributions que l’on trouve ailleurs dans la société :

  • Dans les entreprises : voir notre article du 15 janvier « après le plafond de verre, les parois »
  • Dans le pouvoir politique où malgré les différentes lois sur la parité, les postes exécutifs restent déséquilibrés.

Il reste donc encore à accomplir un double mouvement – vertical et horizontal – pour que les femmes accèdent à plus de pouvoir dans tous les domaines, à hauteur de leur présence dans la population.

 

Voir INSEE Première N°1580 de janvier 2016

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1580#inter2

Graphique extrait de l’article dans les Echos du 12 janvier 2016 www.lesechos.fr/

(*) comme on dit la fête des pères et la fête des mères et non pas la fête du père ou la fête de la mère…

(**) amusant que ce soit le mois de MARS pour ceux qui l’associent plutôt aux hommes…

 

Après le plafond de verre, les parois ?

Moins d’entreprises sans aucune femme, une proportion de femmes plus importante, deux progrès notables en 2015 dans la composition des Comités de Direction.

 Les entreprises sans aucune femme au CODIR :

  • 2015 : 15%
  • Période 2011-2015 : 32%
  • Période 2005-2010 : 46%

 Le pourcentage de femmes dans les CODIR :

  • 2015 : 23%
  • Période 2011-2015 : 18%
  • Période 2005-2010 : 13%

Pour aller plus loin, nous avons analysé la répartition entre fonctions dites « Support » et fonctions dites « Opérationnelles ». Sans surprise, les femmes sont plus nombreuses en Support qu’en Opération : en moyenne 60% pour les 303 femmes des 148 entreprises de l’échantillon sur la période 2011-2015.

Le tiercé gagnant des fonctions occupées par les femmes reste les RH, le Marketing et la Communication, parfois associés, mais suivi par les Directrices Générales, avec une montée en puissance des DAF (directrices Administration et Finances) et des acheteuses.

 Etant donné la grande variété des secteurs représentés, l’attribution d’une fonction en Support ou Opérations reste délicate. De nombreuses fonctions n’existent pas dans toutes les entreprises : Innovation, Développement Durable, Sécurité, Stratégie, Organisation, Qualité, Secrétariat-Général et leur importance dans l’organigramme varie.  

Nous avons systématiquement classé en Opérationnel les Directrices Commerciales, de Division, de « Business Unit » ou vocable équivalent, ainsi que les Associées (cas du Conseil ou du Droit). 

plafond de verre

Grâce à la rubrique Etat-major du Point www.lepoint.fr Isotélie suit depuis 2005 l’évolution de la composition des Comités de Direction.

 

12% de femmes dans les nominations….

… un taux encore faible pour finir l’année : 17 femmes parmi les 135 nominations à retenir en 2015 publiées dans Les Echos les 30 et 31 décembre www.lesechos.fr , en partenariat avec www.nomination.fr

Parmi elles, des « première » comme Stéphanie Barreau, 1ère femme à présider 3M France ou Delphine Ernotte, 1ère à présider France Télévisions pour les entreprises mais aussi dans la Justice avec Catherine Champrenault 1ère Procureure Générale au Parquet de Paris ou la Culture avec Muriel Mayette 1ère femme à diriger la Villa Médicis, Académie de France à Rome.

 Discrimination femme

Encore un peu plus de mixité et de parité : un vœu facile à exprimer pour 2016, à défaut d’être facile à réaliser, mais n’est-ce pas le propre des vœux ?

 

 

Comment faire lire mon fils ?

Sur le stand de Lire et faire lire au forum de rentrée à Villejuif ce samedi, une demande récurrente des parents : mon fils ne lit pas, que faire ?

Les statistiques sont là : les femmes lisent (beaucoup) plus que les hommes. Comme les enfants imitent le monde des adultes, les filles lisent plus que les garçons. Et elles sont plus attirées par les livres…dès la petite enfance, à la crèche !

En Grande Bretagne aussi, comme le dit cette étude de 2012 :            […] L’étude met en cause également l’absence de figures masculines pour promouvoir la lecture. La commission recommande d’encourager les pères à faire aimer la lecture à leurs fils. […]

Extrait de cet article : http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20120703.OBS5902/pourquoi-les-garcons-lisent-ils-moins-que-les-filles.html

La commission anglaise pour que les garçons lisent : http://www.literacytrust.org.uk/policy/boys_reading_commission

Quelques idées en vrac – on peut lire

  • avec ses enfants bien au-delà de l’âge où ils savent lire seuls…..et même jusqu’en classe de 3ème.
  • en même temps à des enfants d’âge différents, les plus grands faisant découvrir aux plus petits leurs histoires d’enfance préférées
  • à haute voix, chacun à tour de rôle une page, un paragraphe ou un personnage
  • tout : une recette de cuisine, un article de journal sur un sujet qui passionne, du théâtre, une bande dessinée.

Si vous avez plus de 50 ans et souhaitez faire partager votre plaisir de la lecture à des enfants, vous pouvez donner de votre temps par exemple par l’intermédiaire de l’association lire et faire lire www.lireetfairelire.org

Les statistiques de pratique de la lecture par sexe et âge en 2012 sur le site d l’INSEE

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=NATCCF05410&reg_id=0

55% des hommes n’ont lu aucun livre dans les 6 derniers mois contre 33% des femmes

(pour les 16-24 ans : 54% des garçons contre 27% des filles)

11% des femmes ont lu entre 1 et 2 livres par mois contre 6% des hommes

Et toujours d’actualité, le livre de Daniel Pennac, « Comme un roman », paru en 1992, et ses droits imprescriptibles du lecteur.

Daniel Pennac comme un roman