Non à la dictature des % !

Oui aux chiffres et aux faits, à condition de bien les comprendre ! Les informations regorgent de chiffres mais hélas surtout de pourcentages, une notion pas facile à bien interpréter.

Exemple : on peut imaginer que le déficit du budget de l’Etat français ne serait pas si important si, au lieu de parler depuis des années de 3 ou 4% du P.I.B (dont on ignore aussi la signification), on disait tout simplement

  • Recettes = 282 milliards d’euros
  • Dépenses = 370 milliards d’euros
  • Déficit = 88 milliards d’euros *

Dès l’enfance, on comprend qu’on ne peut pas (longtemps) dépenser plus que l’on ne gagne sans conséquences.

Et le % pertinent ici c’est 88 divisé par 282 soit 31% : et oui, le déficit représente un tiers des recettes. C’est autre chose que 3% du PIB, ce petit 3 qui ne fait pas peur…

Dans d’autres cas, on ne sait plus à quoi se réfère le %

Exemple : il y a x% de femmes cadres est-ce que cela veut dire que sur 100 femmes, il y a x cadres ou que sur 100 cadres, il y a x femmes ?

En pratique, en France, 13% des femmes actives sont des cadres (contre 19% des hommes) et 39% des cadres sont des femmes (les hommes étant les 61% restants) **pourcentageEt pourtant, parfois, on manque de chiffres.

J’ai déjà évoqué le cas de la médecine (19 juin 2015 – Chiffre du jour) : ignorer que la majorité des nouveaux diplômés sont des femmes n’aide pas à résoudre le problème de leur installation dans les déserts médicaux. La disparition progressive des pharmacies en milieu rural vient peut-être aussi en partie du fait que 67% des pharmaciens sont des pharmaciennes. « La féminisation de la profession n’est pas un phénomène nouveau. Elle est particulièrement marquée dans la section des pharmaciens adjoints (81 %) et celle des pharmaciens hospitaliers (75 %) […] Seulement 30% des étudiants choisissent actuellement la filière officine (auparavant 60 à 70 %).» ***

De manière plus générale, penser mobilité géographique des individus sans prendre en compte leur situation familiale – en couple, seul avec des enfants, en charge de parents âgés, en garde alternée, etc…–  est une aberration.

Pour accompagner la prise des bonnes décisions, l’idéal est donc de disposer des chiffres pertinents et de savoir les interpréter.

* Chiffres 2012 – source Ministères.

http://www.economie.gouv.fr/files/plf2014-essentiel.pdf

** Source INSEE Références – Regards sur la parité

*** Chiffres 1er janvier 2016 – source Ordre des pharmaciens.

http://www.ordre.pharmacien.fr/Le-pharmacien/Le-metier-du-pharmacien/La-demographie-des-pharmaciens2

Femmes cadres, bilan et perspectives

invitation 2 oct 1966Thème d’un colloque en 2014 ? Non, c’est le 2 octobre 1966 que cette journée d’études a été organisée par le C.I.C.F. (Centre d’Information des Cadres Féminins et de la promotion féminine) au cercle culturel de Royaumont.

De quoi nous rendre modestes dans nos réseaux féminins des années 80, 90, 2000 et d’aujourd’hui.En voici le programme, avec 2 intervenantes pour 4 intervenants. Pas mal en 1966.

Introduction par Pierrette Sartin Administrateur Civil, chargé de mission au Commissariat Général au Plan (sic)

Les cadres en France par Jean Dubois, Sociologue

Demain, les cadres par Bernard Krief, Président de Bernard Krief Consultant for Europe

Des femmes-cadres. Pourquoi ? Comment ? par Yvette Ménissez, Directrice d’HEC J.F.

Évolution des structures de la société par André de Pérettti, Vice-Président de l’A.R.I.P. (Association pour la recherche et l’intervention psychosociologique)

Et 4 carrefours :

Emploi féminin ; recyclage ; (sic)

Orientation pratique des élèves du second cycle

Insertion politique et syndicale

Équipements collectifs dans la cité

Hélas, si je dispose bien du programme et du formulaire d’inscription, je n’ai pas trace du contenu des interventions…Qui aurait conservé les archives du CICF ?

Et pourquoi pas un colloque « femmes cadres, bilan et perspectives » en 2016, 50 ans après ?