L’esprit critique sans méthode peut conduire à la crédulité

Parmi les nombreuses réflexions apportées par Gérald Bronner dans son livre « la démocratie des crédules » j’ai retenu la phrase mise en titre de ce billet (*).

Le « droit au doute » apporté par la science s’accompagne d’un « devoir », celui d’une méthode. C’est un moyen pour lutter contre le relativisme ambiant qui pourrait amener à penser que « tout se vaut », le vrai comme le faux, la croyance au même niveau que la connaissance.

La croissance exponentielle de ce qui se diffuse – à défaut de le qualifier d’information (cf prochain article sur ce thème) – accélère ce relativisme, un risque pour la démocratie.

Illustré d’abondants exemples, ce livre permet de mieux comprendre ce qui se joue dans notre monde. Paru en 2013 et mis à jour pour la 8ème édition en 2017, une lecture indispensable à l’humaniste d’aujourd’hui.

 

(*) La phrase complète – page 296

« Tous les efforts d’éducation que les sociétés démocratiques ont consentis paraissent avoir oublié un enjeu essentiel de la connaissance : l’esprit critique, s’il s’exerce sans méthode, conduit facilement à la crédulité. Le doute a des vertus heuristiques, c’est vrai, mais il peut aussi conduire, plutôt qu’à l’autonomie mentale, au nihilisme cognitif »