La parité en 2051 avec des CODIR de 22 personnes

ou comment les CODIR grandissent pour se féminiser.

Résultat sans appel de notre mesure de la féminisation des équipes dirigeantes à partir de la rubrique Etat-major du Point depuis 2005 : pour maintenir un taux de femmes de 24% en 2019, le nombre de directeurs frôle les 10 personnes, quand il était d’à peine 7 il y a 8 ans (avec alors une seule femme).

Elles sont ainsi en moyenne 2,89 en 2019 versus 2,15 en 2018 ; le nombre total étant passé de 8,20 à 9,75.

Le nombre d’entreprises sans aucune femme est de 3 sur 44 ; le même nombre que l’an dernier et le même nombre que les entreprises ayant 50% ou plus de femmes.

La répartition de ces femmes dirigeantes entre fonctions opérationnelles et fonctions support reste constante : 40% versus 60%. Les DRH et Directrices de la Communication représentent la moitié des fonctions support exercées.

Question : quelle taille devront atteindre ces CODIR pour arriver à la parité ?

Réponse : 22 dans….32 ans, en 2051.

Calcul : on augmente de 2 femmes et de 3 membres de la direction tous les 8 ans.

2011 : 1 femme sur 7

2019 : 3 femmes sur 10

2027 : 5 femmes sur 13

2035 : 7 femmes sur 16

2043 : 9 femmes sur 19

2051 : 11 femmes sur 22 – parité atteinte ! CQFD.

Les CODIR se féminisent…en s’agrandissant !

23% de femmes dans les CODIR de 2017, une moyenne passée de 1 à 2 femmes par CODIR, mesdames, vous n’êtes plus seules !

D’autant moins que les CODIR ont grossi : dans cette même période de 2005 à 2017,  ils passent de 7 à 9 membres : pour vous faire de la place ?

Comme l’an dernier, le nombre d’entreprises sans aucune femme dans leur CODIR chute : plus que 5 entreprises sur 43, soit 12%. A peu près le même nombre qui sont à parité : 6 entreprises ont 50% ou plus de femmes dans leur CODIR.

Malgré ce renfort, les fonctions occupées restent aux deux tiers des fonctions « Support » : RH, Com, Marketing, Juridique, Achats,… versus un tiers de fonctions opérationnelles : DG, directions de Business Units. Une répartition constante de 2014 à 2017.

L’arrivée d’une 3ème femme dans les CODIR pourrait changer la donne ! C’est déjà le cas dans un tiers des entreprises observées, le record étant de 7 (sur un CODIR de 12).

 

P.S. notre source depuis 2005 est la page « Etat-Major » du magazine Le Point.

Nos données concernent en cumulé 657 entreprises regroupant 4772 managers dont 754 femmes.

Mars, mois pour les femmes ?

La grandissante légitimité du sujet pourrait se mesurer à la multiplication des événements organisés à l’occasion du 8 mars, journée internationale des femmes (*) et (**). Une journée n’y suffit plus. Associations, entreprises, syndicats, partis politiques, clubs et réseaux divers, chacun aborde le sujet sous un angle différent.

Et justement, une publication de l’INSEE nous apprend que la vie associative s’est elle aussi plus féminisée, avec presqu’autant de femmes que d’hommes engagés dans des associations. Voici l’évolution sur 30 ans :

  • 2013 : 44% des hommes et 40% des femmes sont membres d’au moins une association.
  • 1983 : 53% des hommes pour 34% des femmes

Mais les domaines de prédilection restent différenciés :

  • Syndicats et sport pour les hommes, plus présents aussi dans la défense des droits
  • Culture, action sociale pour les femmes, plus présentes dans des activités dites de convivialité

vie associative et femmes

Concernant 42% des français de plus de 16 ans, l’activité associative est le reflet des attributions que l’on trouve ailleurs dans la société :

  • Dans les entreprises : voir notre article du 15 janvier « après le plafond de verre, les parois »
  • Dans le pouvoir politique où malgré les différentes lois sur la parité, les postes exécutifs restent déséquilibrés.

Il reste donc encore à accomplir un double mouvement – vertical et horizontal – pour que les femmes accèdent à plus de pouvoir dans tous les domaines, à hauteur de leur présence dans la population.

 

Voir INSEE Première N°1580 de janvier 2016

http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1580#inter2

Graphique extrait de l’article dans les Echos du 12 janvier 2016 www.lesechos.fr/

(*) comme on dit la fête des pères et la fête des mères et non pas la fête du père ou la fête de la mère…

(**) amusant que ce soit le mois de MARS pour ceux qui l’associent plutôt aux hommes…

 

La contrainte (via les quotas) moteur du changement ?

Plusieurs exemples incitent à le penser.

Féminisation des conseils d’administration du CAC 40.

Depuis l’annonce puis le vote de la loi Coppé-Zimmermann, la féminisation s’est accélérée. Oubliées les déclarations sur le manque de femmes candidates ou disponibles ou compétentes. Quel dommage de devoir cette évolution à une obligation de quota !

Vous avez dit quota ? Il en est de même pour l’intégration des travailleurs handicapés. Depuis la loi de 2005, qui a renforcé l’obligation et l’a élargie aux fonctions publiques (d’Etat, territoriale et hospitalière), les choses bougent… au moins dans la communication. Les maisons départementales du handicap ont parfois du mal à suivre : certaines personnes sont en attente de réponse sur leur dossier de reconnaissance de handicap depuis plus d’un an…

Et pour les seniors ?

Eh oui, ça date déjà de 2009 ! Rappelez-vous : obligation, pas obligation, le feuilleton a duré longtemps ; finalement le couperet est tombé : 1 % de masse salariale de pénalité si pas de plan ou d’accord (pour les entreprises de plus de 50 salariés). Le taux d’emploi des 55-64 ans est passé de 28,3 en 1998 à 41,5 en 2011, sous l’effet de différents phénomènes. Pour l’ensemble de l’Union Européenne, le taux est de 47,4.

Et au fond, tout cela est humain, très humain ! Pour changer, il nous faut souvent :

  • beaucoup de volonté,
  • une échéance rapprochée
  • et une contrainte externe.

Toutes les formations de gestion du temps l’évoquent.

En ces temps de rentrée scolaire, cela rappellera aux parents parmi nous que rien ne sert de crier après le lycéen ou l’étudiant qui attend le dernier moment pour réviser : c’est le plus souvent au pied du mur, quand on n’a pas le choix, qu’on agit !

taux emploi seniors

Source INSEE

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=CMPECF03159

 

 

 

 

Absence de mixité = danger ? 1ère partie la médecine

3 professions se féminisent sans que les conséquences éventuelles en soient clairement évaluées. En France, la croyance étant répandue que seuls l’Etat et la loi font changer les choses, nous sommes aveugles aux changements qui se produisent « naturellement » c’est-à-dire plutôt sous des influences variées qui constituent le « système » dans lequel nous vivons.

La situation en médecine inspire plusieurs questions :

1) Autant de filles que de garçons obtiennent un bac S : en médecine, les filles sont 63% des étudiants, en écoles d’ingénieur 27% (rentrée scolaire 2013).

Des actions existent depuis plus 20 ans pour faire mieux connaître les métiers d’ingénieurs auprès des filles.

Peut-être faudrait-il faire redécouvrir les carrières médicales aux garçons ?

2) Quel impact éventuel cette féminisation pourrait avoir sur la pratique médicale ?

Exemples :

On se plaint de la mauvaise répartition des médecins en milieu rural. A-t-on regardé si le problème ne venait pas en partie de l’insuffisance d’emplois locaux pour les compagnons des femmes médecins ? Ils n’ont pas tous vocation à devenir « homme au foyer » ou « secrétaire médical » de leur compagne.

La répartition entre les différentes spécialisations est-elle influencée par cette féminisation : par exemple la baisse de 24,7% en chirurgie depuis 2009 ?

Avez-vous identifié des recherches françaises ou européennes sur cette question ?

Le JACD (Journal de l’Association Dentaire Canadienne) a publié cette étude en 2012 : la féminisation de la dentisterie – répercussions sur la profession

Julia C. McKay, PhD; Carlos R. Quiñonez, DMD, MSc, PhD, FRCD(C) Référence : J Car Dent Assoc 2012;78 :C1_f Site : http://www.jcda.ca/fr/about_jcda/

filles garçons Educ Nat 2015

Sources

Education Nationale – chiffres rentrée 2013 parus en mars 2015

http://www.education.gouv.fr/cid57113/filles-et-garcons-sur-le-chemin-de-l-egalite-de-l-ecole-a-l-enseignement-superieur.html

Conseil de l’Ordre des médecins – atlas de la démographie médicale 2015 + réponses aux idées reçues

http://www.conseil-national.medecin.fr/node/1607