Mixité des métiers : ne pas se tromper de cible !

1ère conviction : il faut travailler en même temps sur une mixité dans les deux sens ou « double mixité ». Permanent depuis une vingtaine d’années et relativement peu efficace le discours pour encourager les filles vers des métiers exercés majoritairement par des hommes…N’a de sens qu’avec un discours symétrique envers les garçons

2ème conviction : et pour les faire revenir sur des métiers devenus majoritairement exercés par des femmes ; et pas seulement les attirer vers des métiers traditionnellement exercés par des femmes

  • En plus court, l’idéal de l’homme sage-femme ou puériculteur est un phénomène encore marginal
  • C’est aussi l’homme magistrat, l’homme juge, l’homme médecin, l’homme professeur des écoles qu’il faut re-valoriser d’urgence !

Dans l’idéal, élargir les choix professionnels pour tous !

 

une agricultrice et un hôte d’accueil

Egal ne veut pas dire semblable

La confusion est fréquente entre égalité et similitude.

En mathématiques, la distinction est faite entre ces deux notions. Par exemple ½ = 0,5 ces deux nombres sont égaux et ne sont pas similaires car ils se présentent sous des formes différentes, une fraction pour l’un, un nombre décimal pour l’autre.

egalite similitude

Affirmer l’égalité entre les femmes et les hommes, ce n’est pas nier leurs différences.

C’est affirmer par exemple que toutes les différences constatées de situations ou de comportements ne sont pas dues à des différences biologiques ou qualifiées de « naturelles ». Et donc que certaines de ces différences de situation peuvent et doivent être combattues, pour rétablir une égalité réelle.

Vos commentaires sur ce sujet sont bienvenus, en particulier si vous êtes linguiste, mathématicien ou expert en égalité ou des discriminations.

Similitude

Racine indoeuropéenne « sem » = un ; désigne identité, unité et unicité

Egalité

Du latin aequus = uni, plan, horizontal, égal

Source : dictionnaire étymologique du français de Jacqueline Picoche éditions Le Robert 1992

 

3 pays, 3 époques, une même difficulté à admettre l’égalité …

…entre les femmes et les hommes. En Inde aujourd’hui, deux femmes sont condamnées pour un acte de leur frère. En France au 18ème siècle, des Lumières qui n’éclairent qu’une moitié du monde. Dans la Grèce antique, une démocratie qui ne concerne que quelques hommes.

En cette rentrée, j’avais prévu de vous parler de la dernière enquête insertion de la Conférence des Grandes Ecoles. Parue en juin, elle souligne à nouveau les différences d’accès à l’emploi et de rémunération des femmes et des hommes dès leur 1er emploi

Elle est disponible là

http://www.cge.asso.fr/document/liste/262/insertion

Ou encore des Entretiens Enseignants Entreprises, les 25 et 26 août, consacrés cette année au Travail demain, et lancés en 2003 par l’Institut de l’Entreprise

Des comptes rendus en seront disponibles ici http://www.eee2015.fr/ ou là http://www.melchior.fr/

J’y reviendrai une autre fois. L’actualité me fait prendre le risque de mélanger 3 époques et 3 pays.

Leur point commun est une différence de traitement fondamentale entre les femmes et les hommes. Et que cette inégalité provient de croyances, de mentalités, d’une construction sociale. Et peut encore aujourd’hui être pour nous source de débats, d’échanges, de réflexion. Réfléchir ensemble, la devise de ce blog.

People holding hands on the world map

En Inde aujourd’hui : voir votre presse habituelle. Par exemple

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Petition-contre-une-condamnation-au-viol-en-Inde-2015-08-31-1350427

France au siècle des Lumières : voir par exemple la série d’été de Michel Onfray dans Le Point sur les femmes de la Révolution Française. Le suffrage dit universel ne concernait que les hommes. Cf http://www.lepoint.fr/video/michel-onfray-les-femmes-de-la-revolution-francaise-6-15-07-2015-1948687_738.php

Grèce antique : les événements de cet été ont permis de rappeler que ce pays est souvent appelé « le berceau de la démocratie » mais que cette démocratie n’était que partielle et ne concernait ni les femmes, ni les étrangers, ni les esclaves.

Pour mémoire, Isotélie signifie «égale contribution » et correspond à l’impôt que payaient les étrangers pour leur donner les mêmes droits et devoirs que les citoyens athéniens.

 

 

 

 

 

Comment célébrer le 8 mars 2014 dans votre entreprise ?

Quelques conseils pour vous aider à marquer cette journée internationale des droits des femmes.

Choisir un thème, éventuellement sous forme d’une question.

  • allongement de la vie professionnelle, implication des hommes dans l’égalité, parentalité et filialité, gestion de carrière, mentorat et parrainage,….

Identifier les interlocuteurs visés et évaluer leur nombre : hommes et femmes ensemble ? pour tout le monde ou  seulement certains publics comme les managers ou les RH  ?

Choisir le format de votre événement.

  • Débat collectif après visionnage d’un film ou après un exposé que vous aurez préparé
  • Echanges par petits groupes sur une même question ou sur des questions différentes
  • Echanges en face à face, façon « speed dating », avec rotation des interlocuteurs
  • Conférence d’un intervenant extérieur – prévoir dans ce cas un budget pour le rémunérer (l’expertise a de la valeur)

Dans tous les cas, il vous faudra une brève introduction et une brève conclusion.

Identifier et utiliser les ressources documentaires disponibles dans votre entreprise – Intranet Diversité, accord égalité signé, chartes (diversité, parentalité) signées – ou ailleurs.

Et l’objectif alors ? Pourquoi célébrer le 8 mars ?

Si vous avez lu jusqu’au bout cet article, vous avez sans doute déjà la réponse….Qu’en pensez-vous ?

A suivre…D’autres conseils sur ce blog dans quelques jours.

2 actions de l’ONU sur l’élimination et la prévention des violences contre les femmes et les filles

Dans l’ensemble des communications sur les femmes et leurs droits aux environs  du 8 mars, ces actions de l’ONU en date du 15 mars sont passées un peu inaperçues. Il s’agit de :

Une déclaration approuvée par les 193 membres de l’ONU :  des pays aussi divers que l’Iran, la Lybie ou le  Soudan ont accepté de dire qu’aucune coutume, tradition ou considération religieuse ne pouvait justifier la violence contre les femmes et les filles.

La dépêche du service d’information de l’ONU : https://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=29992#.UWKhqL3XpCL

Un accord des 130 pays siégeant à la Commission de la condition de la femme sur des conclusions concertées  : 35 déclarations sur 16 pages dont chaque pays peut s’inspirer pour adopter les mesures nécessaires.

Leur présentation (en français) http://www.unwomen.org/fr/how-we-work/csw/ avec un lien pour les télécharger (en anglais).

Annie Ducellier