Les femmes représentent un quart des membres des CODIR des entreprises

En complément, inflation du nombre de membres en 2019 : sur les 10 entreprises présentes, on est à une moyenne de 11 au lieu de 8 les années précédentes. Une tendance à confirmer…

Voici notre bilan 2018 de la présence des femmes dans les Comités de Direction :

  • Encore une progression du nombre de femmes avec 26,6% en 2018 contre 22,8 en 2017 et 20,4 en 2016. De une sur 5, on passe à une sur 4.
  • Encore une baisse du nombre d’entreprises sans aucune femme dans leurs CODIR : 3 sur 45 versus 5 sur 44 en 2017. A quand le zéro ?
  • Une stabilisation du nombre de membres dans les CODIR : 8,2 en moyenne contre 8,68 / 8,59 / 8,53 les 3 années précédentes ; on retrouve le niveau de 2014 (8,12). Plus besoin d’agrandir le CODIR pour y intégrer des femmes.
  • Il reste encore à mieux équilibrer la répartition des fonctions : comme en 2017, près de deux tiers des femmes sont dans des  fonctions Support (surtout RH, Com, Marketing), même si leur présence dans les Achats ou Directions Financières augmente, ainsi que dans les postes de Direction Générale.

Seule ombre au tableau : le nombre d’entreprises atteignant la parité (50% ou plus de femmes) est retombé à 3, comme en 2016, après un passage à 6 en 2017.

(*) Rappel sur la source des données : la rubrique Etat Major du magazine Le Point, collectée en intégralité depuis l’année 2006 et partiellement depuis 2001, soit 44 entreprises ou organisations par an en moyenne et 703 en totalité.

 

Assez d’analyse, passons à l’action !

Un des travers français est de préférer l’analyse – si possible critique – à l’action (*). Et par moments je désespère de voir que certains sujets n’avancent pas….

Une plongée estivale dans ma documentation me permet de retrouver ces 2 titres d’articles :

  1. « Pourquoi les filles réussissent-elles mieux à l’école ? »
  2. « Trop peu de femmes choisissent les sciences »

Le 1er date de…. mars 2003, il y a plus de 15 ans suite à la parution du n° 886 d’INSEE Première « Motivation et performances scolaires : les filles creusent l’écart » par Zohor Djider et Fabrice Murat.

Les solutions existent pourtant, multiples puisque le problème est de nature systémique. Voici quelques pistes que je vous encourage à compléter – mais pas à critiquer ! – ou alors en remplaçant toute suggestion supprimée par une nouvelle.

  • Faire revenir des enseignants hommes dès le primaire
  • Recenser les expérimentations et permettre leur diffusion – sans forcer une généralisation « obligatoire »
    • Y compris des classes qui à certains moments ne sont pas mixtes.C’est ce que font les réseaux de femmes en entreprise.
  • Parler encore plus de l’échec scolaire supérieur des garçons pour élargir la prise de conscience : enseignants, parents, décideurs
    • et pour cela sexuer les stratistiques (résultats du bac et sorties du système scolaire sans diplôme ne sont pas les mêmes pour filles et garçons)
  • Lutter contre la violence exercée contre les bons élèves garçons dans certains quartiers
  • Encourager l’ambition intellectuelle chez les garçons
  • Encourager la lecture chez les garçons – et leurs pères…

Le 2ème date d’avril 2002. La Croix évoque un problème mondial et rappelle en particulier la création du prix scientifique mondial pour les femmes L’Oréal – Unesco en 1998.

Là encore quelques suggestions – avec la même règle que ci-dessus.

  • Rappeler que les femmes font bien des sciences mais de la vie : médecine, pharmacie, agro, disciplines où elles sont majoritaires
  • Encourager les garçons à faire médecine, pharmacie, agro…. autant qu’on encourage les filles à devenir mathématiciennes, informaticiennes ou ingénieurs
  • Traquer les stéréotypes partout où les jeunes y sont soumis : ce n’est plus la pub à la télé, ce sont les jeux vidéo, les séries sur Netflix ou les vidéos sur Youtube
  • Encourager toutes les créations mettant en valeur des équipes scientifiques mixtes
  • Encourager les colonies de vacances scientifiques en y imposant un certain niveau de mixité
  • Réorganiser les stages de découverte de 3ème en équipes mixtes

A vous la parole !

 

(*) Ainsi j’aimerais faire une suggestion à mes 2 journaux préférés – La Croix et les Echos.

Ils ouvrent leurs colonnes à des non journalistes pour des éditoriaux souvent passionnants mais frustrants car après 90% d’analyse critique, on dispose rarement de 10% pistes de solution.

Et si on imposait comme règle que celles-ci représentent 50% de l’article ? C’est le cas ici….

 

Passer à l’action

Les CODIR se féminisent…en s’agrandissant !

23% de femmes dans les CODIR de 2017, une moyenne passée de 1 à 2 femmes par CODIR, mesdames, vous n’êtes plus seules !

D’autant moins que les CODIR ont grossi : dans cette même période de 2005 à 2017,  ils passent de 7 à 9 membres : pour vous faire de la place ?

Comme l’an dernier, le nombre d’entreprises sans aucune femme dans leur CODIR chute : plus que 5 entreprises sur 43, soit 12%. A peu près le même nombre qui sont à parité : 6 entreprises ont 50% ou plus de femmes dans leur CODIR.

Malgré ce renfort, les fonctions occupées restent aux deux tiers des fonctions « Support » : RH, Com, Marketing, Juridique, Achats,… versus un tiers de fonctions opérationnelles : DG, directions de Business Units. Une répartition constante de 2014 à 2017.

L’arrivée d’une 3ème femme dans les CODIR pourrait changer la donne ! C’est déjà le cas dans un tiers des entreprises observées, le record étant de 7 (sur un CODIR de 12).

 

P.S. notre source depuis 2005 est la page « Etat-Major » du magazine Le Point.

Nos données concernent en cumulé 657 entreprises regroupant 4772 managers dont 754 femmes.

Une banalisation de la présence des femmes bienvenue…sans relâcher les efforts !

Enfin, les femmes sont présentes dans tous les domaines et c’est de moins en moins un sujet d’étonnement.

Au Royaume-Uni, ce sont 4 femmes qui détiennent les clés du pouvoir : Theresa May comme 1e Ministre, mais aussi Nicola Sturgeon, 1er Ministre en Ecosse, et son opposante Ruth Davidson, et en Irlande Arlene Foster, dirigeante du parti unioniste.

A l’Université d’été du MEDEF cette semaine, les femmes avaient une place encore plus importante que l’an dernier (voir notre article du 15 sept 2016 ) : aucune table ronde sans femme, la plupart en comportent 2 (sur 5 ou 6 intervenants), plusieurs sont à parité ou avec une majorité de femmes, y compris sur un sujet traditionnellement perçu comme  «masculin » la guerre.

Ailleurs aussi les choses bougent face à des situations inimaginables en Occident :

  • Au Pakistan, la lutte contre les « crimes d’honneur » qui visent les femmes s’intensifie
  • A Agra, en Inde, le café Sheroes’ Hangout accueille les femmes brûlées à l’acide
  • En Afghanistan, les femmes veulent être appelées par leur nom et font une campagne sur les réseaux sociaux en ce sens « where is my name »
  • En Jordanie, où est abrogée la loi exonérant un violeur qui épouse sa victime
  • Au Chili, où l’interruption volontaire de grossesse pourrait être autorisée

 

Un homme et une femme en forme de stylo, signent un contrat en se donnant un poigne de main

Dans un domaine plus léger, une étude du bulletin épidémiologique hebdomadaire indique que si 44% des femmes sont en surpoids en France en 2015, c’est le cas de 54% des hommes.

Alors, oui, des progrès existent, et bénéficient aux hommes comme aux femmes, réjouissons-nous des bonnes nouvelles et… ne relâchons pas les efforts !

Non à la dictature des % !

Oui aux chiffres et aux faits, à condition de bien les comprendre ! Les informations regorgent de chiffres mais hélas surtout de pourcentages, une notion pas facile à bien interpréter.

Exemple : on peut imaginer que le déficit du budget de l’Etat français ne serait pas si important si, au lieu de parler depuis des années de 3 ou 4% du P.I.B (dont on ignore aussi la signification), on disait tout simplement

  • Recettes = 282 milliards d’euros
  • Dépenses = 370 milliards d’euros
  • Déficit = 88 milliards d’euros *

Dès l’enfance, on comprend qu’on ne peut pas (longtemps) dépenser plus que l’on ne gagne sans conséquences.

Et le % pertinent ici c’est 88 divisé par 282 soit 31% : et oui, le déficit représente un tiers des recettes. C’est autre chose que 3% du PIB, ce petit 3 qui ne fait pas peur…

Dans d’autres cas, on ne sait plus à quoi se réfère le %

Exemple : il y a x% de femmes cadres est-ce que cela veut dire que sur 100 femmes, il y a x cadres ou que sur 100 cadres, il y a x femmes ?

En pratique, en France, 13% des femmes actives sont des cadres (contre 19% des hommes) et 39% des cadres sont des femmes (les hommes étant les 61% restants) **pourcentageEt pourtant, parfois, on manque de chiffres.

J’ai déjà évoqué le cas de la médecine (19 juin 2015 – Chiffre du jour) : ignorer que la majorité des nouveaux diplômés sont des femmes n’aide pas à résoudre le problème de leur installation dans les déserts médicaux. La disparition progressive des pharmacies en milieu rural vient peut-être aussi en partie du fait que 67% des pharmaciens sont des pharmaciennes. « La féminisation de la profession n’est pas un phénomène nouveau. Elle est particulièrement marquée dans la section des pharmaciens adjoints (81 %) et celle des pharmaciens hospitaliers (75 %) […] Seulement 30% des étudiants choisissent actuellement la filière officine (auparavant 60 à 70 %).» ***

De manière plus générale, penser mobilité géographique des individus sans prendre en compte leur situation familiale – en couple, seul avec des enfants, en charge de parents âgés, en garde alternée, etc…–  est une aberration.

Pour accompagner la prise des bonnes décisions, l’idéal est donc de disposer des chiffres pertinents et de savoir les interpréter.

* Chiffres 2012 – source Ministères.

http://www.economie.gouv.fr/files/plf2014-essentiel.pdf

** Source INSEE Références – Regards sur la parité

*** Chiffres 1er janvier 2016 – source Ordre des pharmaciens.

http://www.ordre.pharmacien.fr/Le-pharmacien/Le-metier-du-pharmacien/La-demographie-des-pharmaciens2

La présence des femmes a progressé à l’Université d’Eté du MEDEF

de 18 à 29% entre 2013 et 2016. Parmi les intervenants et animateurs des sessions plénières et des tables rondes en parallèle

  • En 2013 : 30 femmes et 135 hommes soit 18% de femmes avec 4 tables rondes sans aucune femme.
  • En 2016 : 59 femmes et 144 hommes soit 29% de femmes. Une seule table ronde sans femme et deux tables rondes où les femmes sont majoritaires. Si l’on ne tient compte que des intervenants, le % atteint 33 : les animateurs, issus des media, étant plus souvent des hommes (17 versus 6 femmes).

Est-ce le fruit d’un effort volontaire des organisateurs ou le fait que de plus en plus de femmes sont de fait présentes dans les lieux de pouvoirs ? Le résultat est là et encourageant.

Voir également sur ce blog notre suivi des Comités de Direction – dernière version le 15 janvier 2016 « après le plafond de verre, les parois ? »

Dessin original d'Ariane Ducellier

                                  Dessin original d’Ariane Ducellier

Et vous, travaillez-vous dans un univers mixte ?

Retour au gynécée… ou comment mon univers professionnel a basculé d’un monde d’hommes à un monde de femmes.

D’accord, j’ai fait fort pour commencer : 27 filles sur un campus de 800 étudiants en 1976.

Puis un monde professionnel, l’informatique à la fin des années 70, où les femmes présentes étaient majoritairement des secrétaires ; parmi les ingénieures technico-commerciales et commerciales, les femmes représentaient environ 10% des effectifs. Lente progression pour arriver au début des années 2000 à 30% environ.

En créant Isotélie en 2003, je bascule – sans le savoir – dans un monde de femmes : consœurs consultantes en égalité professionnelle, interlocutrices des ressources humaines chez mes clients entreprises, associations ou collectivités territoriales, partenaires formatrices et coachs, scientifiques auxquelles je me réfère – sociologues, historiennes, etc… spécialistes des études de genre… A quelques rares exceptions près, que des femmes.

Et cette expérience éternellement renouvelée ; lorsque dans des rencontres professionnelles je dis ce que je fais, à savoir de l’« égalité professionnelle entre les femmes et les hommes » :

  • les femmes me répondent systématiquement, et sans plus d’explications de ma part, « vous devez avoir beaucoup de travail ! »
  • et les hommes me regardent d’un air dubitatif ou interrogateur : visiblement ils ne comprennent pas de quoi je parle, voire semblent gênés, comme si j’avais prononcé des paroles osées.

Cela ne devrait pas m’étonner : les dernières statistiques montrent qu’un sixième seulement de la population active exerce un métier mixte en France. Les autres sont dans des métiers exercés à très grande majorité par des femmes ou à l’inverse par des hommes.

Diverse People Social Networking and Empty Speech Bubbles

Et vous, travaillez-vous dans un univers mixte ?