La vraie vie ?

Quand vos écrans vous submergent, revenez aux fondamentaux !

« Lis-tu les journaux, toi ? – Non, maman ne me le permet pas… »

Ce début de dialogue entre deux fillettes d’un autre temps (*) nous ouvre à une réflexion sur l’information.

Changements positifs : nous sommes beaucoup plus et mieux informés, plus jeunes, sur le monde qui nous entoure. L’information est accessible et de sources variées. Chacun peut se faire une opinion.

Changements négatifs : nous sommes trop et mal informés. Une nouvelle chasse l’autre et tout risque d’être mis sur le même plan et d’avoir la même importance. Nous sommes souvent impuissants à agir face à des nouvelles négatives, d’où un stress plus fort : une des réponses au stress étant l’action, l’impossibilité de celle-ci accentue notre mal-être. L’abondance d’informations ne signifie pas sa qualité : rumeurs, fausses nouvelles, théories du complot, absence de vérifications avant diffusion, opinions de personnes connues mais non expertes du sujet,… ; développer l’esprit critique et les capacités d’analyse et de réflexion des jeunes devient encore plus important.

La conclusion du dialogue entre nos deux fillettes, leçon de morale de l’époque, peut aussi inspirer notre quotidien : « essayer toujours de mieux faire et nous aimer, au fond, c’est cela, la vraie vie ». Quand vos écrans vous submergent, revenez aux « fondamentaux » de la vraie vie !

People holding hands on the world map

Dialogue extrait du Journal Lisette N°29 du 17 juillet 1955

« Lis-tu les journaux, toi ?

– Non, maman ne me le permet pas mais j’entends à table les nouvelles que papa commente avec mon frère aîné  […] à la T.S.F.

– l’on nous fait souvent le reproche d’être élevées en dehors de la « vie »…de la bagarre, de la misère des autres, des coups, des guerres et des crimes,

– bref d’être élevées « comme autrefois » […]

– je crois tout de même que nos parents ont raison : la connaissance du détail de tous ces faits divers lamentables ne nous apprendrait rien de plus […]

– nous avons de la chance que toutes petites on nous ait appris à essayer toujours de mieux faire et à nous aimer !

– au fond, c’est cela, la vraie vie ! »

Eh oui, à cette époque, les petites filles ne sont pas autorisées par leur maman à lire les journaux, mais les grands garçons discutent des nouvelles écoutées à la radio avec leur papa.

T.S.F. = transmission sans fil

P.S. Merci à Elisabeth de m’avoir donné accès aux « Lisette » de 1955.