Mixité des métiers : ne pas se tromper de cible !

1ère conviction : il faut travailler en même temps sur une mixité dans les deux sens ou « double mixité ». Permanent depuis une vingtaine d’années et relativement peu efficace le discours pour encourager les filles vers des métiers exercés majoritairement par des hommes…N’a de sens qu’avec un discours symétrique envers les garçons

2ème conviction : et pour les faire revenir sur des métiers devenus majoritairement exercés par des femmes ; et pas seulement les attirer vers des métiers traditionnellement exercés par des femmes

  • En plus court, l’idéal de l’homme sage-femme ou puériculteur est un phénomène encore marginal
  • C’est aussi l’homme magistrat, l’homme juge, l’homme médecin, l’homme professeur des écoles qu’il faut re-valoriser d’urgence !

Dans l’idéal, élargir les choix professionnels pour tous !

 

une agricultrice et un hôte d’accueil

Absence de mixité = danger ? 3ème partie l’enseignement

Deux sujets font polémique : l’éventuelle dévalorisation du métier d’enseignant et l’impact de l’absence de mixité du corps enseignant.

La parité dans le corps enseignant date des années 60. Depuis, ce ne sont pas uniquement les femmes qui ont massivement choisi ce métier, ce sont aussi les hommes qui l’ont fui.

Pourtant, dire que féminisation = dévalorisation, c’est oublier l’importante croissance du nombre total d’enseignants : quand tous les enfants vont en 6ème au lieu de s’arrêter au niveau du certificat d’études, quand l’obligation scolaire passe de 14 à 16 ans, quand 80% d’une classe d’âge est supposée arriver en Terminale, il faut beaucoup plus de professeurs que quand 2% d’une classe d’âge passe le bac !

Concernant l’impact de l’excessive féminisation du corps enseignant sur la réussite scolaire différenciée des filles et des garçons, je me permets de citer ici un large extrait de l’intervention de Jean-Louis Auduc.

Teacher and student

[…] Les différences d’identification des femmes : métiers « visibles », métiers « invisibles »

Notre société doit s’interroger sur le fait qu’aujourd’hui , entre 2 et 18 ans, les jeunes ne vont rencontrer pour travailler avec eux que des femmes : professeurs ( 80,3% de femmes dans le premier degré ; 57,2% de femmes dans le second degré, BTS et classes prépas inclus), chefs d’établissements, assistantes sociales, infirmières, médecins généralistes, employées de préfecture ou de mairie, voire juges, tous ces métiers sont très majoritairement féminins. Au fond, les seuls métiers masculins de proximité sont les policiers…

On peut penser que les filles se dirigent plus spontanément vers des métiers identifiés pendant la scolarité, visibles pendant le déroulement de celle–ci et qu’elles ont des difficultés à se diriger vers des métiers invisibles. Si l’employée de mairie ou de préfecture est une femme, généralement le secrétaire général de la mairie ou de la préfecture est un homme, mais ceux-là le public ne les voit jamais…

Enseignants, assistants sociales, médecins, infirmières sont des métiers vus pendant la   scolarité auxquels les filles peuvent s’identifier et qui peuvent donner pour y parvenir du sens à leurs études et jouer un rôle important dans leur motivation. Elles construisent donc un cursus scolaire adapté au métier choisi.

A l’inverse, les garçons se projetant peu vers l’avenir ne s’identifient pas à des métiers. Ils ne trouvent pas dans leur environnement de métiers masculins visibles dans lesquels ils peuvent s’identifier. Cette situation peut entraîner un fort décrochage scolaire masculin vers 15/16 ans qui n’existe absolument pas chez les filles.

Les seuls garçons qui « surnagent », en proportion bien moins importante que les filles, sont les garçons qui font le choix d’aller le plus loin possible dans l’école sans se préoccuper d’un métier à priori identifié. Ils « trustent » les écoles qui ne conduisent pas à un métier précis, mais ouvrent des portes. Ils sont en moins grand nombre que les filles, mais ayant franchi la question de la « visibilité » de l’emploi, ils sont prêts à occuper les emplois « invisibles » de cadres ou de « managers ».[…]

Sources

Poignant Raymond. La planification de l’expansion de l’enseignement en France.In: Tiers-Monde. 1960, tome 1 n°1-2. La planification de l’éducation et ses facteurs économiques et sociaux. Colloque international de Paris (9-18 décembre 1959) pp. 208-220. doi : 10.3406/tiers.1960.1199

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/tiers_0040-7356_1960_num_1_1_1199

Filles et garçons dans le système éducatif français, une fracture sexuée par Jean-Louis Auduc (ancien directeur IUFM Créteil)

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/pages/130307fillesetgarconssysteducfr.aspx

par fjarraud , le mardi 13 mars 2007.

 

 

La parité en voie d’être atteinte…chez les médecins

En 1914, les femmes médecins étaient environ 200, soit 2% des médecins. Un siècle plus tard, les femmes représentent 44% des médecins en exercice et 58% des nouveaux inscrits au 1er janvier 2014. A noter qu’en 1939, elles étaient 4 fois plus qu’en 1914, soit environ 800 et 3% des médecins.

Le Conseil National de l’Ordre des médecins a en effet publié le 5 juin dernier son atlas de la démographie médicale au 1er janvier 2014. Plusieurs tendances s’y dessinent.

Outre la féminisation, la « seniorisation » puisque l’âge moyen est de 53 ans pour les hommes, 49 ans pour les femmes et 34 ans pour les nouveaux inscrits ; le nombre de médecins retraités actifs a augmenté de 18% en 2013, ce qui représente 5% des médecins actifs.

La répartition par spécialité : moins de généralistes, plus de spécialistes et de chirurgiens.

La réparition géographique : l’atlas propose une cartographie interactive permettant de comparer le nombre de médecins par spécialité et par région au regard de la population.

Enfin, célébrons le centenaire de 1914 en rappelant le Dr Nicole MANGIN, seule femme médecin affectée au front durant la Grande Guerre et dont le docteur Jean-Jacques Schneider a réalisé une biographie en 2011.

 

atlas medecins 2014