La mixité fait parler d’elle…

Plusieurs études sont parues en mars, devenu « mois des femmes » (cf texte du 27 février).

Grandes Ecoles au Féminin a publié sa 6ème étude auprès de plus de 4 000 diplômés de grandes écoles d’ingénieur et de commerce : élément marquant, l’écart de perception entre femmes et hommes. Ainsi, 75% des hommes trouvent la mixité importante pour 91% des femmes ; 90% des hommes considèrent que la mixité a progressé pour 76 % des femmes ; 53% des hommes considèrent les stéréotypes comme préjudiciables à l’entreprise pour 76% des femmes. http://www.grandesecolesaufeminin.fr/

De son côté, Capital Com s’associe à l’AFMD, FACE, IMS etc.. dans un Observatoire de l’équilibre hommes/femmes et publie un sondage (1007 personnes interrogées via Internet) avec ces conclusions : la mixité concerne aussi les hommes et est un facteur de performance pour l’entreprise.

http://www.capitalcom.fr/2015/03/observatoire-international-de-lequilibre-hommes-femmes/

Maintenir l’intérêt sur le sujet, diffuser plus largement l’information, bref, contribuer à une prise de conscience de plus en plus partagée sont les aspects positifs de ces études.

Mann und Frau auf Waage.Symbol Gleichheit

La mixité, un atout pour l’entreprise.

Divisé en 20 questions : « les métiers ont-ils un sexe ? » ou « la mixité en entreprise, une source de rentabilité ? » ou encore « la mixité, un sujet de femmes ? ».

Les questions constituent un parcours en trois étapes : Connaître, Comprendre, Agir.

Connaître en s’appuyant sur les études et statistiques disponibles, illustrés d’exemples.

Comprendre parce que le sujet de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes n’est ni simple, ni neutre, ni neuf.

Agir avec de nombreux témoignages pour donner des exemples d’actions réalisées.

Préface d’Henri de Castries, Président du Directoire du groupe AXA.

Illustré de dessins originaux d’Ariane Ducellier.

 La mixite un atout pour l entreprise

Auteur : Annie Ducellier

Titre : La mixité, un atout pour l’entreprise

Editeur et année parution : Editions Milalma collection 20 Questions – 2005

Comment augmenter la mixité en informatique ? (2ème partie)

Deux pistes : mieux préparer en amont et présenter un environnement contribuant au sentiment d’appartenance.

En effet, la plus grande proximité des garçons avec l’ordinateur fait partie des freins à l’accès des filles aux études d’informatique : il leur manque plus souvent une pratique que l’enseignement de l’informatique suppose acquise par ses étudiants.

Parmi les solutions expérimentées, l’Université de Carnegie Mellon a proposé une préparation pour donner à celles (et ceux) qui ne les ont pas de l’expérience de manipulation d’un ordinateur, de son fonctionnement, de la programmation. Obtenant ainsi une proportion plus grande de filles parmi leurs étudiants en informatique.

Autre piste pour améliorer cette mixité, créer un environnement moins typé « geek » (*) dans lequel les filles se sentiront à l’aise et auront un sentiment naturel d’appartenance.

En témoignent les surprenants résultats de cette expérience racontée par Cordelia Fine dans son livre Delusions of Gender – The real science behind sex differences.

En changeant seulement le décor de la salle, Sapna Cheryan et ses collègues ont permis d’augmenter l’intérêt des jeunes femmes, comme par exemple à travailler dans une entreprise de création de sites Internet.

L’étude souligne aussi la différence entre les traits de caractère le plus souvent rencontrés chez des personnes exerçant un métier, jugés comme typiques de ce métier, de ceux nécessaires pour exercer ce métier. D’autres expériences montrent ainsi qu’une attitude « geek » n’est pas indispensable au succès dans le métier d’informaticien.

Cordelia Fine delusions of gender

L’expérience

Menée par Sapna CHERYAN psychologue à l’Université de Washington.

Cible : des étudiants de niveau licence, filles et garçons

Méthode : questionnaire sur leur intérêt pour l’informatique

Objectif annoncé de l’étude aux jeunes : un centre de développement de carrière pour évaluer leur intérêt pour les emplois et stages techniques

Conditions : 2 salles différentes

1 salle décorée « geek chic » : poster Star Trek ; bandes dessines « geek », jeux vidéo et consoles vidéos, nourriture « junk » (chips, pizza, soda), équipements électroniques, livres et magazines techniques

1 salle décorée de manière plus neutre : poster d’art, fruits et bouteilles d’eau minérale, magazines généraux et scientifiques.

Dans la salle « geek » les garçons ont indiqué être plus intéressés par les sciences informatiques que les filles. Dans la salle « neutre », le taux d’intérêt des filles et des garçons était le même. Selon les chercheurs, ce changement était dû à un plus grand sentiment d’appartenance au métier informatique pour les filles dans la salle neutre.

(*) « geek » = passionné d’informatique ou bidouilleur d’ordinateur, les traductions possibles sont significatives !

Voir aussi cet article de Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Women_in_computing

Comment augmenter la mixité en informatique ? (1ère partie)

1984, année du basculement aux Etats-Unis, pourquoi ? Le PC envahit la maison. Les garçons s’en emparent plus, et plus vite, que les filles. L’enseignement informatique se modifie, tenant pour acquises des connaissances et des pratiques que toutes n’ont pas. En effet, la plupart des garçons ont déjà une expérience, non seulement d’usage de l’ordinateur, mais aussi de programmation. Le nombre de filles en études informatiques se met alors à chuter comme le montre cette courbe (couleur orange pour les études informatiques versus en vert les études médicales, de physique et de droit).

study USA women and men

Source: National Science Foundation, American Bar Association, American Association of Medical Colleges. Credit: Quoctrung Bui/NPR

On soupçonnait depuis longtemps le rôle de la micro-informatique et des jeux vidéo dans cette désaffection des filles pour les études informatiques. Quand l’informatique a basculé des grands systèmes réservés à des spécialistes à Mr (et Mme) Toutlemonde. Quand les jeux vidéo ont fait leur apparition, avec au début comme premiers utilisateurs les garçons. Quand les publicités pour les premiers ordinateurs personnels visaient un public masculin.

Pourtant, dans les services informatiques des années 80, les femmes étaient présentes, quoique de manière inégalement répartie. Aux hommes les activités proches de la machine (exploitation, système, réseaux), aux femmes les activités proches de l’usage et de l’usager (applications, bases de données, relations utilisateurs).

Ces éléments nous donnent des pistes pour revenir à plus de mixité. Nous y reviendrons dans une 2ème partie.

http://www.npr.org/blogs/money/2014/10/17/356944145/episode-576-when-women-stopped-coding

Où sont les femmes dans l’entreprise de demain ?

Un livre d’experts sur l’entreprise neuve de demain est paru il y a 6 ou 7 ans. Neuve, peut-être. Mais masculine sûrement. 23 regards masculins.

Complétés par une coordination, doublement masculine. Introduits par une préface, doublement masculine. Conclus par une postface, doublement masculine. La citation d’introduction l’est aussi.

Soit en tout 30 hommes (*) pour nous parler de l’entreprise de demain.

Une entreprise sans femme ? Un rêve ou un cauchemar ?

mixitéIl existe de nombreuses expertes dans différents domaines. Une approche intégrée de l’égalité serait de s’assurer, de temps en temps, que la parole n’est pas donnée qu’à une seule catégorie de personnes. A compétences égales bien sûr.

Mais c’était il y a quelques années. Serait-ce encore possible en 2014 ? Travailler la visibilité de l’expertise des femmes, c’est urgent.

(*) pour être parfaitement exact, une femme est citée par un des auteurs sous la forme « avec le concours de… »

Le R.O.I. de l’égalité

Faut-il mesurer les liens entre Performance et Egalité ? Comment ?

Ma 1ère réponse est de comparer égalité (ou mixité, ou diversité) à d’autres domaines dont il est difficile de mesurer les impacts : mécénat, publicité institutionnelle, systèmes d’information, formation. Leurs effets se font sentir à long terme. Leurs résultats ne sont pas directement mesurables et dépendent d’autres facteurs.

L’exercice est néanmoins régulièrement tenté. En voici deux exemples.

ROI mixite

Une étude très souvent citée est celle de l’association Catalyst publiée en 2004 « Connecting Corporate Performance and Gender Diversity ». L’étude porte sur 353 entreprises internationales du classement Fortune 500 sur la période 1996-2000 (5 ans)‏. Elle montre une corrélation, dans les 2 sens, entre « équipes de direction les plus féminisées » et « taux de rendement des capitaux propres » ; mais attention, corrélation ne veut pas dire causalité ; autrement dit, l’étude ne montre pas de lien de cause à effet entre les deux données observées.

assessing diversityLa Commission européenne a fait paraître en octobre 2013 un nouveau document sur la mesure de l’impact de la diversité sur la performance (Assessing Diversity : Impact in Business) avec les divers organismes nationaux gérant les chartes de la diversité.

Plusieurs cas d’entreprises y figurent.

Le document reprend également les conclusions de précédentes études publiées dans les dix dernières années : la grande majorité des entreprises estiment que leurs initiatives en faveur de la diversité ont un impact positif sur leur performance.

Conclusion : ne pas prendre prétexte d’un lien difficilement démontré ou démontrable pour ne pas agir.