Tout s’accélère ? Peut-être pas la diffusion des idées…

Une série plutôt qu’un film, un « twitt » plutôt qu’un article, un SMS plutôt qu’un courriel (et encore moins un courrier)….on communique plus vite, plus court, …on n’a pas le temps…

Mais est-ce vrai aussi pour la diffusion des idées ?

En triant la documentation accumulée durant ces 15 dernières années – études, articles de journaux, actes et programmes de colloques, etc…– je suis frappée de 2 choses :

  • L’ancienneté de certaines idées peinant à se traduire en réalité
  • La récurrence de certains thèmes – parfois présentés comme nouveaux

Deux exemples parmi d’autres :

  • RSE et développement durable : un concept qui fait son chemin depuis le rapport Bruntland de 1987, avec un livre vert de la Commission Européenne dès 2001
  • Co-working et autres tiers lieux : un projet de bureaux partagés en région Ile de France dès 1995 (auquel j’étais associée en y représentant IBM ; la barrière technologique était trop forte à l’époque – pas de réseau wifi, débuts d’Internet…)

Normal, direz-vous. Les changements d’habitudes et de comportements, l’évolution des idées demandent du temps. Les listes ci-dessous, au lieu de nous désespérer, peuvent nous aider à démontrer la pertinence des sujets évoqués…et l’urgence d’y apporter des réponses maintenant.

Les thèmes liés aux technologies et à leur usage – recensés depuis 2002

  • Craintes vis-à-vis de la vie privée
  • Cybercriminalité
  • Transformation numérique des TPE-PME
  • Fracture numérique
  • Usage des ordinateurs dans l’enseignement
  • Accès des jeunes enfants aux écrans
  • Le temps passé sur les différents écrans par toutes les tranches d’âge
  • Nouveaux usages et fiabilité des informations : gratuit / payant / publicité ; évolution des media ; livre numérique et livre papier
  • La croissance de géants comme Google et Facebook
  • L’email dans la vie professionnelle et dans la vie privée
  • L’influence de et la dépendance aux jeux vidéo
  • La fraude aux mémoires universitaires par copie Internet
  • Logiciels libres
  • Réseaux sociaux : usages, montée en puissance en recrutement, E-reputation

Les thèmes liés au management et à la gestion des ressources humaines – recensés depuis 2002

  • Déroulement des carrières : interruptions, reconversions, précarité, autres formes de travail, changer de métier, carrière d’expert plutôt que manager
  • Intergénérationnel
  • Valeurs
  • Médiation
  • Motivation, Fidéliser, Marque employeur
  • Expatriation, Interculturel, langues
  • Gestion du temps, heure du déjeuner, mode du marathon et de la course, rôle de la pause-café
  • Bonheur en entreprise, conditions de travail, harcèlement, stress, prévention des agressions verbales, relations avec des personnalités difficiles
  • Gestion du temps, procrastination, organisation, « Slow management », confiance, relations , manager au quotidien, conflits, réunions, pyramide de Maslow, prise de parole en public, entretien d’évaluation, dialogue social
  • Formation et ses réformes, universités d’entreprise, rôle de la culture générale
  • Code du travail et ses réformes
  • Année sabbatique, « Casual Friday » et « Dress up Thursday », humour au travail, langage et jargon en entreprise : asap, FYI,…
  • Prêt de salariés, groupement d’employeurs, temps partagé
  • Mécénat de compétences

Bébé fille en robe rose et bébé garçon en jean ?

Le côté pratique ne saute pas aux yeux dans la mode pour enfants. Les robes dominent au rayon filles, même dans la tranche d’âge 3 mois-3 ans : tant pis si c’est moins commode pour la mobilité, comme de ramper sur le ventre ou sur les genoux. A partir de la taille 12 mois, les pantalons ne sont plus ouverts le long des jambes : tant pis pour les personnes qui changent les couches, il faudra ôter le pantalon, c’est si facile avec un bébé remuant…

Pour les couleurs, le rose domine chez les filles, avec du gris clair, du blanc et parfois quelques couleurs vives. Pas mieux chez les garçons voués aux couleurs foncées, marron, marine, vert bouteille, gris. Puisque je suis dans le côté pratique, allons jusqu’au bout : les consignes de lavage limitent souvent la température de l’eau à 30°, ce qui, malgré toutes les publicités des lessiviers, ne garantit pas d’enlever toutes les taches. Mais qui a dit qu’un bébé se salit ?

 Ce billet d’humeur d’une grand-mère consternée après une séance de courses de Noël me vaudra peut-être des critiques : je ne prétends pas à l’exhaustivité et ne me risquerai pas à citer telle ou telle marque. N’hésitez pas à me faire savoir lesquelles ne structurent pas leurs magasins en filles/garçons et offrent aux petits enfants des vêtements pratiques et colorés quelque soit leur sexe, dans des tissus plus doux que le jean, même dans sa version adaptée aux enfants, et des formes qui ne suivent pas la mode des adultes, comme des pantalons à coupe étroite qui gênent les mouvements… 

Ne vous méprenez pas : je suis pour la différenciation des sexes. Je ne vois pas en quoi habiller un bébé fille de 12 mois en robe rose y contribue ! Allez, une autre fois, j’évoquerai peut-être les jouets, et comme la mixité là-aussi peut y être mise à mal et mal comprise !

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Et pourtant, beaucoup de choses marchent bien en France…

Détails de la vie quotidienne dans une petite ville du New Jersey, à 1 heure de New York.…

  • Des réseaux de fils (électricité et téléphone) aériens en pleine ville, défigurant le paysage et depuis longtemps disparus dans nos rues citadines
  • Un tri des déchets minimaliste, pas de conteneur mais des sacs poubelles qui s’entassent
  • Des lumières allumées 24h/24 dans les couloirs d’une résidence étudiante, sans possibilité de les éteindre
  • Un choix de lingerie à déprimer (beige, noir et blanc semblent les seules couleurs autorisées aux américaines, et dans des modèles dignes de nos grand-mères) dans un magasin pourtant situé dans une zone de chalandise à revenus élevés
  • Une robinetterie à l’ancienne, le mitigeur semblant inconnu ici
  • Un mode de vie basé sur la voiture individuelle et où les transports en commun font défaut : un vieux train de grande banlieue (le New Jersey Transit) comparable en confort et en régularité à nos vieux Intercités (cf la ligne Paris-Orléans) et non pas à nos TER tout neufs (du moins dans certaines régions qui ont investi) ; avec des exceptions comme le réseau de navettes gratuites de l’Université de Princeton le « Tiger Transit », au financement privé…
  • Du positif pour finir : des vélos en libre-service sont apparus ce printemps sur le campus depuis ma précédente visite à l’automne 2015.

Qualité de l’infrastructure et des « Utilities », mode, art de vivre, démarche écologique, nous sommes sur beaucoup de points « en avance » sur nos amis américains….comme nous sommes sans doute « en retard » sur d’autres. Rien de tel qu’une absence de quelques jours pour mieux apprécier notre quotidien en le regardant avec d’autres yeux.

 

Princeton University

Nassau Hall – Princeton University – New Jersey

Ce billet, le 100ème de ce blog, clôt une série « américaine », après les 2 précédents consacrés au livre d’Anne-Marie Slaughter.