De l’EAO au MOOC, un même sujet, la compétence pédagogique des concepteurs

Connaître son public, ses réactions, ses erreurs les plus fréquentes, est un des éléments-clé du succès de tout système d’apprentissage hors présence du formateur (en sa présence aussi mais c’est une autre histoire…)

Ma 1ère découverte de l’e-learning fut quand notre professeur de physique de Terminale nous a emmenés à la faculté de Jussieu tester un tout nouveau programme d’apprentissage de la cinétique sur ordinateur. J’ai trouvé fascinant que le parcours de chacun de nous varie en fonction de nos réponses successives : les concepteurs connaissaient les principales erreurs faites par les élèves, les causes de ces erreurs, et avaient conçu un cheminement adapté et personnalisé. Avec les techniques de l’époque en 1972 : l’interface homme-machine était un clavier et du papier, (et oui même pas d’écran !).

Lire ou écouter ?

Un même texte peut se lire beaucoup plus rapidement qu’il ne s’écoute : l’audition d’un conférencier doit ainsi avoir une réelle valeur ajoutée au regard du temps consommé. Le fait qu’il existe des accélérateurs de « podcast » peut en être une preuve. A moins que ce ne soit le désir d’aller vite, toujours plus vite, au détriment de la compréhension.

Mais le choix oral ou écrit dépend de son public cible : un élève de CE1 lit 150 mots à la minute et un cadre 575…et le débit oral varie aussi : de 85-100 mots à la minute pour une homélie ou un discours politique à 200-230 pour les brèves d’info de la radio…

Le choix ne repose pas bien sûr que sur la vitesse et nous connaissons l’importance du visuel – voir le slogan du magazine Paris Match « le poids des mots, le choc des photos ».

Sans oublier le mouvement : prendre des notes contribue à la mémorisation (même si on ne les relit pas), suivre avec le doigt la forme des lettres contribue à l’apprentissage de la lecture, etc…

Au-delà de la connaissance de la matière enseignée, le formateur ajoute la connaissance du public cible et celle des possibilités pédagogiques, démultipliées avec la palette de moyens à notre disposition, pour construire un parcours d’apprentissage performant et adapté à chacun.

Vos exemples de formations à distance réussies sont les bienvenues….

Oral

200 mots à la minute : le débit oral des médias – Colas Rist – Communication et langages Année 1999 Volume 119 Numéro 1 pp. 66-75

http://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_1999_num_119_1_2909

Ecrit

300 mots à la minute pour un adulte dit « moyen »

http://www.slate.fr/lien/57193/adulte-300-mots-minute

EAO = enseignement assisté par ordinateur

FOAD = formation ouverte et à distance

MOOC = massive open online course

Le contenu plus important que les outils ?

Brève visite annuelle au Salon Solutions RH. MOOC, Serious game, Wiki, RSE, Big Data, SIRH, blended learning…. sont quelques-uns des sigles projetés sur les différents stands et développés dans les ateliers et conférences.

Mais au fond, à quoi servent tous ces outils ?

A deux ou trois fonctions essentielles en entreprise : communiquer, former, collaborer (=travailler avec), coopérer (=opérer avec)….

Les sigles se renouvellent, les techniques évoluent et offrent de nouvelles possibilités.

Mais que sont-elles sans un travail sur le contenu : quels messages transmettre ? Quelles compétences faire acquérir ? Quelles informations partager ? Avec qui ?

Ce travail sur le contenu suppose d’avoir identifié la finalité de nos activités, de la partager, et d’être en mesure de la décliner en objectifs.

Comprendre, choisir, utiliser puis maîtriser ces outils reste un défi.

En faire un usage contribuant à la performance de l’entreprise en est un autre.

La fascination pour l’outil et l’oubli de ce à quoi il doit servir sont des pièges répétitifs qui expliquent l’échec de bien des projets numériques (ou digitaux) (et puisque il ne faudrait plus dire informatiques), en matière de ressources humaines comme ailleurs.

Vive les outils au service d’un contenu utile et de qualité !

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