Le coup de fil pour rien…

En 1998 un client m’a demandé une formation de management à distance. Nous n’avions rien au catalogue et j’ai donc développé un 1er module que j’ai complété avec le temps.

En retour d’expérience, la pratique professionnelle rencontrant le plus de succès auprès des participants était ce que j’ai appelé « le coup de fil pour rien ».

Je m’explique.

Quand vous êtes manager d’une équipe située à proximité immédiate, vous avez plusieurs fois par jour l’occasion de croiser cos collaborateurs : vous pouvez leur demander si tout va bien sans être intrusif ou inquisiteur, votre porte est ouverte, bref eux et vous ont des occasions d’échanger de manière fluide.

Quand vous managez des collaborateurs qui sont chez eux, vous avez tendance à les appeler « pour quelque chose » : une réunion, une information dont vous avez besoin ou que vous leur relayez.

Les appeler « pour rien », c’est juste dire bonjour, prendre des nouvelles, redire que vous êtes là si besoin, sans être dans le contrôle.

Cela peut leur paraitre bizarre au début.

Cela se révèle précieux si vous tenez dans la durée – à vous de juger du rythme de ces appels.

Et qui devriez-vous appeler en 1er ? Pour une fois, ceux qui font bien leur travail, qui ne vous appellent jamais, qui ne vous posent pas de problème…car c’est peut-être pour eux que ce sera le plus utile !

2 actifs sur 3 travaillent durant le confinement

Evidemment il y a les soignants dont on parle abondamment, à juste titre.

Puis on a parlé de ceux qui font tourner le minimum vital : agriculture, distribution (alimentation et aussi eau, gaz, électricité, télécommunications), police, nettoyage, transports, logistique, postiers, etc…et tout de même un peu d’industrie de production, de dépannage, d’informatique,… Cela représente 1 actif sur 3 (34% selon Fondation Jean Jaurès- Ipsos cité par Le Point du 9 avril).

Un autre tiers (30%) travaille à distance : enseignants et plein d’autres professions dans de nombreux secteurs– administration, commercial, informatique, journalisme, etc…Même si au fil des semaines, ce travail là n’est plus toujours possible par manque de clients, de projets…

Le dernier tiers (36%) est hélas soit en congé ou arrêt maladie (15%) – souvent pour garder leurs enfants – soit au chômage (21%) réel ou technique. Et ce tiers grandit avec la durée de la crise.

Certes, sont aussi confinés toute la population habituellement dite non-active : étudiants, retraités (les EHPAD accueillent plutôt les plus de 85 ans) et autres.

Du coup, nous devrions être plus prudents quand nous parlons des uns ou des autres. Chaque personne vit évidemment autrement des situations aussi différentes.

Différents et égaux

La fracture du temps et du lieu

Travailler « où je veux et quand je veux » ou travailler à horaires fixes dans un lieu fixe ?

La multiplication des outils électroniques et l’inflation d’articles sur le télétravail et les joies du numérique nous font perdre de vue la réalité du travail pour de nombreuses personnes dans de nombreux métiers. Non, tout le monde ne peut pas dire « je travaille où je veux et quand je veux grâce à mon ordinateur, ma tablette, mon téléphone intelligent ».

Usines, ateliers, écoles, collèges et lycées, crèches, commerces, santé, transports et livraisons, hôtellerie, restauration, organismes et administrations recevant du public, la liste est longue : de nombreuses personnes y travaillent, contraintes de lieu et de temps se cumulent souvent.

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Alors, oui, vive le télétravail mais n’oublions pas celles et ceux qui ne peuvent pas télétravailler !