« Sobriété numérique, les clés pour agir »

Enfin un livre avec des explications claires et des actions concrètes !

En effet, si tout le monde parle des changements climatiques et du réchauffement, la confusion règne habituellement dès qu’il s’agit de comprendre et ensuite d’agir.

Un grand merci donc à Frédéric Bordage pour ce livre court et bien fait.

Ses 4 principales recommandations, pour ceux qui ne l’ont pas encore lu :

  1. Allongez la durée de vie de vos appareils
  2. Eteignez votre box et le boîtier TV
  3. Limitez l’usage du « cloud », surtout en 4G
  4. Regardez la télévision via la TNT et évitez l’ADSL

 

P.S.1

Je ne suis pas 100% d’accord avec certaines positions de l’auteur sur l’économie et la politique, mais c’est marginal par rapport à tout ce qu’il apporte de positif.

P.S.2

L’ai-je apprécié parce que je peux me délivrer un brevet de sobriété numérique, puisque je respecte ses 4 recommandations ? Cesser de me faire moquer quand je coupe l’électricité chaque soir de mes branchements TV et ADSL ? Ou parce qu’en 40 ans je n’en suis qu’à mon 3ème poste de télévision ? Et que je regrette qu’il n’y ait plus de lecteur de CD de musique dans les nouvelles voitures ?

Auteur : Frédéric Bordage. Préface d’Isabelle Autissier

Titre : Sobriété numérique. Les clés pour agir.

Editeur : Buchet Chastel. La Verte. Paris. 2019

 

 

« J’avance comme un âne… »

C’est le titre d’un livre de Roger Etchegaray, ancien archevêque de Marseille, qui vient de mourir il y a quelques jours.

Je publie cet article à sa mémoire.

Le livre est paru en 1984.

Son titre m’avait attirée : l’âne n’est pas toujours vu comme un animal auquel on aime se comparer.

Je n’ai pas été déçue et on réfléchit beaucoup à la lecture de ces courts textes – une page le plus souvent ; il avait anticipé sur notre difficulté actuelle à lire plus…

Extrait de l’introduction : […] il est difficile aujourd’hui de se faire entendre, de se faire lire, à l’heure des flashs et des gros titres […] scrupule à user d’un vocabulaire réduit sans être réducteur […].

C’est toujours vrai….

 

P.S. 1 j’écris moins souvent ici…mais vous pouvez me retrouver dans LinkedIn où je commente souvent des articles de La Croix ou des Echos qui m’ont intéressée.

 

P.S. 2 je ne paie plus WordPress pour supprimer la publicité de ce blog. Je suis d’accord que le « gratuit » a un « prix », j’espère que celle-ci ne vous gênera pas trop.

 

Un livre pour enfants qui fait (aussi) réfléchir….

Je connaissais le talent de Julie Cazalas comme comédienne (*), je la découvre en auteure pour enfants. Délicieusement illustré par Vincent Bourgeau, son livre s’intitule « le monde entier est nul ». On peut le raconter, comme toutes les histoires. On peut aussi l’utiliser comme point de départ d’une discussion sur l’amitié, les copains, l’amour, le cafard, l’espoir…

(*) nous avons ensemble parcouru la France pour sensibiliser à la prévention du stress, de la discrimination et des risques psycho-sociaux. La justesse de jeu de Julie dans des scènes tirées de la vie réelle contribuait à faciliter les échanges avec et entre les participants. Merci à Decommedia de nous avoir réunies dans ces projets.

Titre Le monde entier est nul

Auteurs Julie Cazalas-Caïe et Vincent Bourgeau

Editions Seuil Jeunesse – Paris juin 2019

Non, ce n’est pas un « fou » : mieux comprendre le fanatisme pour mieux le contrer.

L’actualité réactive hélas notre besoin de comprendre : pourquoi de tels passages à l’acte violent, que ce soit le terrorisme islamiste, les fusillades dans les établissements scolaires aux Etats-Unis, les assassinats antisémites, etc…

Un livre récent de Gérald Bronner apporte quelques réponses à ces questions : les extrémistes sont-ils des fous ? Comment devient-on extrémiste ?

A lire de toute urgence !

Gérald BRONNER.La pensée extrême. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques. Editions puf 2009 (réédition actualisée en 2016)

Précisions

  • Impossible de résumer ici ces 365 pages, la démarche intellectuelle utilisée ici est claire et nécessite d’être suivie pas à pas.
  • Je n’ai aucun lien financier ou autre avec Gérald Bronner, je trouve ses livres et ses éditoriaux pertinents et le fais savoir.

L’esprit critique sans méthode peut conduire à la crédulité

Parmi les nombreuses réflexions apportées par Gérald Bronner dans son livre « la démocratie des crédules » j’ai retenu la phrase mise en titre de ce billet (*).

Le « droit au doute » apporté par la science s’accompagne d’un « devoir », celui d’une méthode. C’est un moyen pour lutter contre le relativisme ambiant qui pourrait amener à penser que « tout se vaut », le vrai comme le faux, la croyance au même niveau que la connaissance.

La croissance exponentielle de ce qui se diffuse – à défaut de le qualifier d’information (cf prochain article sur ce thème) – accélère ce relativisme, un risque pour la démocratie.

Illustré d’abondants exemples, ce livre permet de mieux comprendre ce qui se joue dans notre monde. Paru en 2013 et mis à jour pour la 8ème édition en 2017, une lecture indispensable à l’humaniste d’aujourd’hui.

 

(*) La phrase complète – page 296

« Tous les efforts d’éducation que les sociétés démocratiques ont consentis paraissent avoir oublié un enjeu essentiel de la connaissance : l’esprit critique, s’il s’exerce sans méthode, conduit facilement à la crédulité. Le doute a des vertus heuristiques, c’est vrai, mais il peut aussi conduire, plutôt qu’à l’autonomie mentale, au nihilisme cognitif »

Economie du bien commun, une lecture indispensable

Ethique, économie numérique, défi climatique, chômage et emploi, croyances et comportements, consommation, rôle de l’Etat, Europe, finance, politique industrielle, innovation, propriété intellectuelle, marché, concurrence, gouvernance, responsabilité, recherche en économie sont quelques-uns des sujets abordés dans ce livre. Dans chacun des 17 chapitres – que l’on peut lire indépendamment et dans le désordre – Jean Tirole indique des références d’articles plus complets étayant les explications et leurs conclusions.

La notion de bien commun qui donne son titre au livre fait réfléchir, de même que les phénomènes de voile d’ignorance, d’asymétries d’information ou les plates-formes bifaces.

La psychologie des individus et des groupes, les erreurs de raisonnement courantes, les stéréotypes donnent lieu à d’intéressantes réflexions sur notre rationalité mise à mal au quotidien.

Paru en mai 2016 et déjà réédité plus de 9 fois, à lire de toute urgence pour mieux comprendre le monde d’aujourd’hui.

Economie du bien commun – Jean Tirole – éditions puf – 2016

 

Comment faire pour que femmes (et hommes) puissent « tout » avoir ?

Proposer des solutions est plus difficile qu’analyser une situation. Anne-Marie Slaughter n’échappe pas à cette difficulté. De plus, une partie des pistes proposées ne vaut que pour les Etats-Unis, dans lesquels les congés maternité payés ne sont pas généralisés, ni notre système d’école maternelle gratuite ni d’autres dispositifs en faveur des familles.

Des éléments de cette réflexion restent utiles : par exemple profiter des possibilités des NTIC et des nouveaux modes de contractualisation pour inventer d’autres modes de travail et de conciliation. Anne Marie-Slaughter évoque une continuité de vie versus une fragmentation famille / travail ou « caregiver / breadwinner ». Elle propose aussi des parcours de carrière (plus longue) moins homogènes, avec des phases de fort investissement professionnel et des phases dans lesquelles le travail n’est qu’une part plus relative, voire nulle, de notre vie.

Comme d’autres avant elle, elle suggère également aux femmes de « lâcher prise » sur l’éducation des enfants et l’intendance domestique en autorisant leurs compagnons non pas à « les aider » mais à prendre totalement en charge « à leur manière », en leur supposant autant de compétences en ce domaine qu’à elles-mêmes.

Néanmoins, ces nouvelles modalités de travail ne sont pas ouvertes à tous : nous retrouvons la fracture du temps et du lieu déjà évoquée ici entre ceux qui peuvent travailler n’importe où et n’importe quand et ceux qui sont tenus, de par interaction avec des personnes – hôpital, restaurant, etc… – ou des machines – lieux de production – de travailler dans des lieux (et des horaires) fixes. C’est sans doute ce défi qui reste à relever.

Nous avons commencé une étude sur la proportion de métiers, ainsi que de femmes et d’hommes, concernés par cette obligation de temps et de lieu : toute information sur le sujet, source documentaire ou autre, est la bienvenue. Ecrivez à contact@isotelie.com.

Family and money

famille – travail – caregiver – breadwinner

Source : livre “Unfinished Business: Work, Family, Women, Men” Anne-Marie Slaughter – Random House New York 2015