A mes étudiants du Master Global E Business GEB

Voici quelques questions.

  • La responsabilité du contenu des réseaux sociaux : hébergeur ou auteur ?
  • Rôle des entreprises : seulement le profit ou aussi d’autres responsabilités ?
  • Y a-t-il des standards moraux universels ou sont-ils liés aux croyances religieuses et aux traditions culturelles ?
  • Pour ou contre le contrôle de l’immigration ?
  • Femmes et hommes : universalisme ou différentialisme ?
  • Pour ou contre la discrimination positive (« affirmative action ») ?
  • Propriété intellectuelle (brevets, copyright) ou accès libre (open source, wikipedia, etc…) ?
  • Liberté d’expression et de la presse versus des limites comme la diffamation et le respect de la vie privée ?
  • Pour ou contre une chaîne de télévision destinée aux petits enfants (moins de 3 ans) ?
  • Pour ou contre l’accès libre aux armes à feu ?

Ce sont les sujets de débats que j’ai proposés à mes étudiants – sujets toujours d’actualité, et certains le resteront…

J’ai en effet animé un cours sur l’éthique des affaires (« Business Ethics »)  à l’Université de Lille entre 2008 et 2018 – que j’ai rapidement orienté sur la RSE, sujet balbutiant à l’époque. La norme ISO 26 000, publiée en novembre 2010, est devenue mon fil directeur en me permettant d’en aborder tous les sujets. Le cours avait lieu en anglais pour des étudiants venus d’une cinquantaine de pays de tous les continents.

J’avais choisi une pédagogie participative et interactive durant les cours, avec un travail de préparation de la part des étudiants entre deux journées. Mon but était de développer l’esprit critique, la recherche d’arguments, le tri des informations, la prise de décision.

Voici quelques-unes des activités que j’ai imaginées. Elles sont adaptables à différents niveaux de la scolarité.

  • Des débats organisés selon les règles (aménagées) du Parlement anglais ou « debating ».
  • La recherche des responsabilités en m’appuyant sur la chanson « Who killed Davey Moore ? Why an’ what’s the reason for ? » de Bob Dylan / Graeme Allwright « Qui a tué Davy Moore, Qui est responsable et pourquoi est-il mort ? ». Les binômes d’étudiants se voyaient attribuer chacun des personnages (arbitre, journaliste, etc..) et devaient soit l’accuser soit le défendre.
  • Des analyses de media : recherche et commentaires d’une même information sur un sujet de RSE dans différents media, élargis rapidement aux sources Internet.
  • Des créations de documents en groupes par exemple rédiger une charte éthique dans un contexte choisi par eux, …
  • Des jeux de mises en situations : 4 équipes représentant 2 villes et 2 entreprises, répartition du bénéfice par le Conseil d’Administration d’une entreprise, choix du meilleur système d’essuie-mains dans un restaurant selon l’impact environnemental et social, …
  • La recherche de personnalités inspirantes du monde de l’entreprise, politique, scientifique,…
  • Des analyses de documents : rapports RSE des entreprises, chartes éthiques des entreprises. En 2008, je devais me procurer la version papier, puis les téléchargements sur les sites Internet des entreprises sont devenus la norme et les étudiants ont pu chercher eux-mêmes les entreprises qui les intéressaient ou celles de leurs pays respectifs.

J’ai beaucoup apprécié ces 10 années et suis reconnaissante à tous ces étudiants de ce qu’ils m’ont appris. J’espère leur avoir donné quelques éléments utiles pour leur vie…Merci à eux et bon vent !  

Deux petites chaussures rouges et un conseil sur la prise de décision à garder précieusement

Le hasard d’un rangement dans la bibliothèque m’a fait retrouver un livre qui m’a beaucoup marqué mais dont j’avais oublié le nom de l’auteur – Maria Housden – et le titre – le cadeau d’Hannah.

Il me restait le souvenir d’un livre émouvant lu d’une traite un dimanche après-midi, non sans quelques larmes puisqu’il s’agit du récit de vie d’Hannah, décédée d’un cancer à 3 ans, par sa maman.

Mais le plus marquant souvenir que j’en ai gardé est « la règle du docteur Markoff » que je partage avec vous.

S’adressant aux parents il leur dit :

[…] Il va falloir que vous preniez toutes sortes de décisions à partir de maintenant ; des décisions que vous serez seuls à pouvoir prendre. Certaines feront qu’Hannah vivra ou mourra. Le meilleur conseil que je puisse vous donner est celui-ci « Prenez la meilleure décision possible en fonction de l’information que vous avez à ce moment-là »

« A ce moment-là » c’est ce qui compte.

Vous allez comprendre ce que je veux dire. Vous pouvez devenir fous si vous vous dites : « si seulement nous avions su ceci ou cela ! » Mais justement, vous ne saviez pas ! Alors répétez-vous seulement cela : « nous avons fait pour le mieux, avec ce que nous savions ! nous avons fait pour le mieux, avec ce que nous savions ! » […]

Titre : Le cadeau d’Hannah

Auteur : Maria Housden

Editeur américain : Bantam Dell « Hannah’s gift – Lessons from a life fully lived » New York 2002

Editeur français : Presses de la Renaissance Paris 2004

Traduction et présentation : Marie de Hennezel

Plus de femmes dans les COMEX et les CODIR ?

Comme chaque année je vous propose un bilan de la présence des femmes dans les CODIR.

Sujet revenu d’actualité avec le bilan de la loi Coppé-Zimmermann sur les quotas dans les Conseils d’Administration et le projet d’un équivalent dans les COMEX, malgré la difficulté de les définir.

En 2020 comme durant les 3 ou 4 années précédentes, c’est la stagnation qui domine.

Certes à un niveau plus élevé qu’auparavant : environ 30% de femmes dans des CODIR dont la taille s’est accrue avec une moyenne de plus de 9 managers contre à peine 7 il y a 15 ans. Mais on voit la limite de cette extension qui a permis de faire entrer des femmes sans chasser des hommes ; pour arriver à  50 % de femmes, cela donnerait des CODIR de 12,6 managers, cela devient ingérable ; même si plusieurs CODIR comprennent déjà 13, 14 et même 15 personnes.

Autre stagnation, la répartition dans les fonctions occupées par les femmes : toujours 40% dans les Opérations versus 60% dans les fonctions Support. Un rééquilibrage s’impose avec l’arrivée d’hommes dans les RH, la Communication, le Marketing et la Direction de Business Units et autres Opérations pour les femmes.

Autre constante, la quasi disparition des CODIR sans aucune femme : 1 seul en 2020 ; et aussi la lente montée du nombre d’entreprises ayant 50% et plus de femmes : 4 en 2020 – le même chiffre depuis 5 années.

Il semble bien qu’on ait atteint un palier-plancher à 30% qu’il sera difficile de dépasser par une évolution « naturelle ».

Source des données : rubique Etat Major du magazine Le Point depuis 2005.

Un optimisme du cœur

En 2021, je continuerai à poster des informations positives ou faisant réfléchir – en évitant les polémiques stériles et les nouvelles négatives – il y en a assez comme ça.

Un grand merci aux 2 journaux nationaux quotidiens qui m’alimentent chaque jour et dont je ne pourrais pas me passer, La Croix et Les Echos.

Merci aussi aux lecteurs qui suivent mon fil d’actualité.

Merci à l’émettrice de ce message qui m’a fait très plaisir : « merci pour vos partages positifs et toujours originaux, choisis. J’apprécie vos posts ! »

Voici les taux de lecture de mes « posts » : en 2020, une moyenne de 220 lecteurs pour chacun de mes 233 articles ; en 2019, c’était 249 pour 112 articles, le confinement m’a fait doubler mes publications. Mas l’écart-type est très important. Voici les 3 plus vus de 2020 :

2096   la présence au Conseil d’Administration de 5 femmes remarquables – Les Echos (17 août)

1746   l’évolution de l’image des filles – La Croix (13 juin)

1059   article de mon blog sur le sourire des yeux (8 novembre)

Et les 3 passés inaperçus – et qui auraient mérité mieux ?

19       Bouge ton coq, un mouvement citoyen pour aider les villages (8 avril)

18       Le succès de l’apprentissage – Les Echos (15 décembre)

10       Un article mentionnant une publication du CNRS (3 avril)

Bonne lecture et bien sûr bonne année !

Un optimisme de raison avec l’aide de Steven Pinker

Mon optimisme de base est allé à la recherche d’arguments et d’un défenseur de cet optimisme de raison. Je ne pouvais que me retrouver dans les démonstrations appuyées sur des données abondantes de Steven Pinker. J’avais reculé devant la version originale en américain et l’ai lu en français.

Voilà une idée de lecture qui pourra occuper utilement vos soirées d’hiver.

Je vous le recommande sans attendre de l’avoir terminé : plus de 500 pages qui aident à réfléchir sur le monde d’aujourd’hui – sans compter la bibliographie, les notes et les liens qui donnent envie d’aller plus loin.

Mais quel dommage que la traduction française du titre ait modifié son message :

Le titre américain

Enlightenment Now : The Case for Reason, Science, Humanism and Progress

est devenu en français

Le triomphe des Lumières : Pourquoi il faut défendre la raison, la science et l’humanisme.

Steven Pinker ne parle pas de « triomphe » et le « progrès » a disparu !

C’est pourtant la plus grande partie du livre avec des chapitres qui évoquent la santé, les inégalités, l’environnement, la paix, la sécurité, l’égalité des droits, la qualité de vie…des sujets vraiment d’actualité.

J’entends ceux qui diront que le livre est paru en 2018 et n’évoque pas l’année 2020 très particulière que nous vivons. Le sujet du livre reste d’actualité et embrasse des thèmes de long terme qui méritent notre attention.

Bonne lecture !

Sourire des yeux

C’était au printemps dans le TGV Paris-Angers. J’étais assise dans un « carré » et en face de moi s’est installé un jeune couple avec un bébé de…3 ou 4 mois peut-être ? Nous, les adultes, étions tous masqués. Pour le distraire et comme il semblait bien éveillé, le père avait posé le bébé allongé dans une couverture sur la table. Le bébé tournait la tête et regardait autour de lui. Nos regards se sont croisés. Derrière mon masque, je lui ai souri. Et en retour il m’a souri aussi, comme savent le faire les bébés. Le sourire de mes yeux lui avait suffi.

Le coup de fil pour rien…

En 1998 un client m’a demandé une formation de management à distance. Nous n’avions rien au catalogue et j’ai donc développé un 1er module que j’ai complété avec le temps.

En retour d’expérience, la pratique professionnelle rencontrant le plus de succès auprès des participants était ce que j’ai appelé « le coup de fil pour rien ».

Je m’explique.

Quand vous êtes manager d’une équipe située à proximité immédiate, vous avez plusieurs fois par jour l’occasion de croiser cos collaborateurs : vous pouvez leur demander si tout va bien sans être intrusif ou inquisiteur, votre porte est ouverte, bref eux et vous ont des occasions d’échanger de manière fluide.

Quand vous managez des collaborateurs qui sont chez eux, vous avez tendance à les appeler « pour quelque chose » : une réunion, une information dont vous avez besoin ou que vous leur relayez.

Les appeler « pour rien », c’est juste dire bonjour, prendre des nouvelles, redire que vous êtes là si besoin, sans être dans le contrôle.

Cela peut leur paraitre bizarre au début.

Cela se révèle précieux si vous tenez dans la durée – à vous de juger du rythme de ces appels.

Et qui devriez-vous appeler en 1er ? Pour une fois, ceux qui font bien leur travail, qui ne vous appellent jamais, qui ne vous posent pas de problème…car c’est peut-être pour eux que ce sera le plus utile !