Plus de 50 journées ou semaines à thème, le trop-plein nous guetterait ?

Les journées ou semaines de… se multiplient avec des motivations variées :

  • Attirer notre attention sur une catégorie de personnes : aidants, enseignants, femmes, personnes âgées ou handicapées, sans compter les mères, pères et autre grand-mères
  • une cause : finance solidaire, santé mentale, peine de mort, économie sociale et solidaire, Europe
  • une attitude : gentillesse, sourire, bonheur, procrastination
  • une action pratique : lavage des mains, pas de gaspillage alimentaire, giving Tuesday, réduction des déchets

L’environnement est très présent : sans voiture, vie sauvage, développement durable, commerce équitable

La culture aussi : musique, nuit des cathédrales ou des musées, patrimoine, science, philosophie, goût …

L’économie est plus timide : industrie, ingénieur, épargne salariale, qualité de vie au travail, de même que la santé : don de moelle osseuse, santé mentale, prévention du suicide.

Issues d’initiatives publiques ou privées, individuelles ou collectives, certaines ont un succès indéniable ou historique –1ermai, 8 mars, 21 juin – d’autres se cherchent encore (je vous laisse choisir lesquelles….).

La question de leur impact et de leur efficacité se pose inévitablement : pouvons-nous nous mobiliser chaque jour pour une nouvelle cause ? Comment choisir ?

Ce nuage de mots représente une cinquantaine de causes identifiées, de portée France, Europe ou mondiale ; ce sont des journées, nuits, fêtes, semaines et même une quinzaine. Ne sont pas indiquées les manifestations locales (ville ou département). Vous êtes les bienvenus pour en proposer d’autres…

Les femmes représentent un quart des membres des CODIR des entreprises

En complément, inflation du nombre de membres en 2019 : sur les 10 entreprises présentes, on est à une moyenne de 11 au lieu de 8 les années précédentes. Une tendance à confirmer…

Voici notre bilan 2018 de la présence des femmes dans les Comités de Direction :

  • Encore une progression du nombre de femmes avec 26,6% en 2018 contre 22,8 en 2017 et 20,4 en 2016. De une sur 5, on passe à une sur 4.
  • Encore une baisse du nombre d’entreprises sans aucune femme dans leurs CODIR : 3 sur 45 versus 5 sur 44 en 2017. A quand le zéro ?
  • Une stabilisation du nombre de membres dans les CODIR : 8,2 en moyenne contre 8,68 / 8,59 / 8,53 les 3 années précédentes ; on retrouve le niveau de 2014 (8,12). Plus besoin d’agrandir le CODIR pour y intégrer des femmes.
  • Il reste encore à mieux équilibrer la répartition des fonctions : comme en 2017, près de deux tiers des femmes sont dans des  fonctions Support (surtout RH, Com, Marketing), même si leur présence dans les Achats ou Directions Financières augmente, ainsi que dans les postes de Direction Générale.

Seule ombre au tableau : le nombre d’entreprises atteignant la parité (50% ou plus de femmes) est retombé à 3, comme en 2016, après un passage à 6 en 2017.

(*) Rappel sur la source des données : la rubrique Etat Major du magazine Le Point, collectée en intégralité depuis l’année 2006 et partiellement depuis 2001, soit 44 entreprises ou organisations par an en moyenne et 703 en totalité.

 

Un festival de femmes à l’honneur…

Ajoutons Pinelopi Koujianou Goldberg nommée au poste d’économiste en chef de la Banque Mondiale au 1er  novembre 2018.

Credit: Michael Marsland, Yale University

En quelques jours, 5 femmes nommées ou récompensées. Ne boudons pas notre plaisir.

  • Gita Gopinath 1ère femme cheffe économiste au FMI. Les départements de recherche du FMI, de la Banque mondiale et de l’OCDE sont désormais pilotés par des femmes. Une banalisation bienvenue.
  • Frances H. Arnold Prix Nobel de chimie
  • Donna Strickland Prix Nobel de physique

3 modèles de femmes pour inciter les filles à faire des études scientifiques.

  • Nadia Murad Prix Nobel de la paix
  • Barbara Cassin, philosophe et philologue, 5ème femme médaille d’or du CNRS pour ses recherches menées autour du pouvoir des mots et du langage. Elle est aussi membre de l’Académie Française, où il y a actuellement 5 femmes sur 36.

Paroles d’expertes aux EEE

Pendant que l’Université du MEDEF mobilise l’attention sur le campus d’HEC, la 15ème édition des Entretiens Enseignants- Entreprises s’est tenue les 28 et 29 août 2018 de l’autre côté du plateau de Saclay, à l’Ecole Polytechnique, avec comme thème « les entreprises dans la mondialisation ».

J’ai choisi de rapporter ici la parole des femmes que j’ai pu écouter : voici donc quelques paroles d’expertes ; la retranscription synthétique est la mienne, il ne s’agit pas de citations.

 

Suzanne BERGER Professeur au MIT

La mondialisation apporte la paix, le développement économique de pays émergents (Corée du Sud, Mexique, Chine,…) et la démocratie. Les solutions pour l’améliorer : la mondialisation n’est pas un bloc, on peut mieux réguler le système financier sans abandonner la mondialisation de l’économie réelle ; ralentir et non pas arrêter la croissance, pour laisser plus de temps à l’adaptation et à l’acceptation sociale ; accompagner les politiques d’ouverture de programmes économiques et sociaux pour permettre cette acceptation. En conclusion, chacun peut et doit agir là où il est.

 

Marie-Christine LOMBARD – présidente du directoire de Geodis

Les nouveaux investissements industriels se font au plus près de la consommation des produits mais les bases installées existantes restent importantes et nécessitent une logistique adaptée, qui concerne principalement des produits semi-finis. La question de la création de valeur dans ces flux reste posée, ainsi que celle de leur impact écologique négatif, en particulier dans les mega-villes où pollution, bruit et congestion sont des nuisances réelles, défi pris en compte par des acteurs comme Geodis.

 

Sophie BELLON – présidente du conseil d’administration de Sodexo

3 photos de personnes pour illustrer la mondialisation en montrant la dimension « territoire » et humaine d’une très grande entreprise (450 000 employés, 1er employeur français, 9ème employeur mondial) : des achats locaux au Chili, la formation continue pour les moins qualifiés au Canada, le soutien aux initiatives locales au Brésil via la fondation « Stop-Hunger.org »

 

Isabelle MEJEAN – économiste à l’Ecole Polytechnique

L’analyse de l’éclatement géographique des chaînes de production est un défi pour les économistes car beaucoup de données sont confidentielles, relevant de la stratégie de chaque entreprise. Les questions posées portent sur la répartition de la valeur ajoutée – par exemple entre la partie conception réalisée en Occident et la partie fabrication sous-traitée en Chine ou autre pays asiatique ; ainsi que sur l’intégration par les entreprises de l’impact négatif énergie/pollution de ces flux : la taxation du carbone serait une bonne réponse si appliquée mondialement.

 

Cécile PAULIN – Directrice de programme adjoint véhicules électriques groupe Renault

Illustre la complexité de la « supply chain » de groupes comme l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi avec les risques liés à un fournisseur, parfois unique sur référence, ou les aléas d’une politique minimisant les stocks et dépendant de la qualité de la prévision fine des ventes et des temps variables des transports (bateau, avion-cargo, train…).

 

Sylvie BRUNEL professeure à l’Université Paris IV – géographie

La mondialisation a permis une diminution très importante de la pauvreté absolue et l’apparition d’une large classe moyenne mondiale. Elle a aussi eu comme conséquence une montée des inégalités, autant à l’intérieur des pays qu’entre eux, qui n’est pas compensée partout par la redistribution comme elle l’est en France. Les Etats ont un rôle à jouer en particulier pour les ruraux (1 MM de personnes dans le monde  dont 800 M concernés par la faim) et pour les travailleurs pauvres des services : ce rôle suppose confiance (pas de corruption), stabilité (des institutions et des règles de droit) et fierté nationale (qui ne soit pas repli identitaire).

L’Europe, un géant économique et un nain politique face aux défis posés entre autres par la Chine (dépendance des produits importés qui ne sont plus produits en Europe), la Russie (dépendance énergétique) et les Etats-Unis (dépendance militaire au sein de l’OTAN), etc..

 

Odile RENAUD-BASSO – Directrice Générale du Trésor

Parfois confusion entre les effets de la mondialisation et ceux des progrès technologiques. Au-delà de l’action nécessaire de chaque Etat, besoin de plus de coopération internationale : harmonisation fiscale par exemple. Face au décalage entre perception et réalité, en particulier en France : besoin de développer l’esprit critique, de s’appuyer sur les faits, d’apprendre à analyser.

 

Amélie de MONTCHALIN – députée LREM de la 6ème circonscription de l’Essonne

Deux besoins : du capital pour investir, du capital humain (des compétences) pour innover. Ecart entre l’épargne disponible et le manque de fonds propres des entreprises de taille moyenne pour investir sur le long terme. La France est bien perçue pour sa qualité de vie, ses infrastructures, son positionnement géographique, pas assez pour la qualité de sa recherche et la qualification de ses salariés, en particulier les moins qualifiés. Mieux répondre aux attentes tant des agents publics que des citoyens : moindre coût, meilleure organisation, meilleure accessibilité et fluidité, meilleur usage de la numérisation.

Assez d’analyse, passons à l’action !

Un des travers français est de préférer l’analyse – si possible critique – à l’action (*). Et par moments je désespère de voir que certains sujets n’avancent pas….

Une plongée estivale dans ma documentation me permet de retrouver ces 2 titres d’articles :

  1. « Pourquoi les filles réussissent-elles mieux à l’école ? »
  2. « Trop peu de femmes choisissent les sciences »

Le 1er date de…. mars 2003, il y a plus de 15 ans suite à la parution du n° 886 d’INSEE Première « Motivation et performances scolaires : les filles creusent l’écart » par Zohor Djider et Fabrice Murat.

Les solutions existent pourtant, multiples puisque le problème est de nature systémique. Voici quelques pistes que je vous encourage à compléter – mais pas à critiquer ! – ou alors en remplaçant toute suggestion supprimée par une nouvelle.

  • Faire revenir des enseignants hommes dès le primaire
  • Recenser les expérimentations et permettre leur diffusion – sans forcer une généralisation « obligatoire »
    • Y compris des classes qui à certains moments ne sont pas mixtes.C’est ce que font les réseaux de femmes en entreprise.
  • Parler encore plus de l’échec scolaire supérieur des garçons pour élargir la prise de conscience : enseignants, parents, décideurs
    • et pour cela sexuer les stratistiques (résultats du bac et sorties du système scolaire sans diplôme ne sont pas les mêmes pour filles et garçons)
  • Lutter contre la violence exercée contre les bons élèves garçons dans certains quartiers
  • Encourager l’ambition intellectuelle chez les garçons
  • Encourager la lecture chez les garçons – et leurs pères…

Le 2ème date d’avril 2002. La Croix évoque un problème mondial et rappelle en particulier la création du prix scientifique mondial pour les femmes L’Oréal – Unesco en 1998.

Là encore quelques suggestions – avec la même règle que ci-dessus.

  • Rappeler que les femmes font bien des sciences mais de la vie : médecine, pharmacie, agro, disciplines où elles sont majoritaires
  • Encourager les garçons à faire médecine, pharmacie, agro…. autant qu’on encourage les filles à devenir mathématiciennes, informaticiennes ou ingénieurs
  • Traquer les stéréotypes partout où les jeunes y sont soumis : ce n’est plus la pub à la télé, ce sont les jeux vidéo, les séries sur Netflix ou les vidéos sur Youtube
  • Encourager toutes les créations mettant en valeur des équipes scientifiques mixtes
  • Encourager les colonies de vacances scientifiques en y imposant un certain niveau de mixité
  • Réorganiser les stages de découverte de 3ème en équipes mixtes

A vous la parole !

 

(*) Ainsi j’aimerais faire une suggestion à mes 2 journaux préférés – La Croix et les Echos.

Ils ouvrent leurs colonnes à des non journalistes pour des éditoriaux souvent passionnants mais frustrants car après 90% d’analyse critique, on dispose rarement de 10% pistes de solution.

Et si on imposait comme règle que celles-ci représentent 50% de l’article ? C’est le cas ici….

 

Passer à l’action

L’Europe, les Etats-Unis, la Chine…comprendre pour agir, et vite !

Les chiffres sont impressionnants : le total des échanges entre les 3 représente plus de 40% du commerce mondial.

Cette infographie parue dans le journal la Croix l’an dernier nous rappelle bien les enjeux du commerce mondial entre ces 3…….. mais que faut-il dire ? Il s’agit en effet de :

  • un Etat à régime (à nouveau de plus en plus) autoritaire,
  • un Etat fédéral qui reste une démocratie, malgré tout ce que l’on dit de son président élu,
  • un « regroupement » d’Etats qui tirent à hue et à dia et cherchent toujours leur projet commun, entre tentations populistes, terre d’attraction de l’immigration (politique et économique) et technocratie bureaucratique.

Pourtant une Europe démocratique, forte, unie, humaniste, responsable, n’est-ce pas ce dont nous avons urgemment besoin ?

Trois tribunes des Echos cette semaine nous le rappellent.

Le monde sans l’Amérique – Jean-Marc Vittori – 22 mai 2018

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301694329461-le-monde-sans-lamerique-2177568.php

Donald Trump, l’électro-choc dont l’Europe avait besoin – Gabriel Grésillon – 18 mai 2018

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0301688901893-donald-trump-lelectrochoc-dont-leurope-avait-besoin-2177138.php

Face à Trump, le statu quo européen n’est plus une option – Christian de Boissieu – 23 mai 2018

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0301705019392-face-a-trump-le-statu-quo-europeen-nest-plus-une-option-2177913.php

Tout s’accélère ? Peut-être pas la diffusion des idées…

Une série plutôt qu’un film, un « twitt » plutôt qu’un article, un SMS plutôt qu’un courriel (et encore moins un courrier)….on communique plus vite, plus court, …on n’a pas le temps…

Mais est-ce vrai aussi pour la diffusion des idées ?

En triant la documentation accumulée durant ces 15 dernières années – études, articles de journaux, actes et programmes de colloques, etc…– je suis frappée de 2 choses :

  • L’ancienneté de certaines idées peinant à se traduire en réalité
  • La récurrence de certains thèmes – parfois présentés comme nouveaux

Deux exemples parmi d’autres :

  • RSE et développement durable : un concept qui fait son chemin depuis le rapport Bruntland de 1987, avec un livre vert de la Commission Européenne dès 2001
  • Co-working et autres tiers lieux : un projet de bureaux partagés en région Ile de France dès 1995 (auquel j’étais associée en y représentant IBM ; la barrière technologique était trop forte à l’époque – pas de réseau wifi, débuts d’Internet…)

Normal, direz-vous. Les changements d’habitudes et de comportements, l’évolution des idées demandent du temps. Les listes ci-dessous, au lieu de nous désespérer, peuvent nous aider à démontrer la pertinence des sujets évoqués…et l’urgence d’y apporter des réponses maintenant.

Les thèmes liés aux technologies et à leur usage – recensés depuis 2002

  • Craintes vis-à-vis de la vie privée
  • Cybercriminalité
  • Transformation numérique des TPE-PME
  • Fracture numérique
  • Usage des ordinateurs dans l’enseignement
  • Accès des jeunes enfants aux écrans
  • Le temps passé sur les différents écrans par toutes les tranches d’âge
  • Nouveaux usages et fiabilité des informations : gratuit / payant / publicité ; évolution des media ; livre numérique et livre papier
  • La croissance de géants comme Google et Facebook
  • L’email dans la vie professionnelle et dans la vie privée
  • L’influence de et la dépendance aux jeux vidéo
  • La fraude aux mémoires universitaires par copie Internet
  • Logiciels libres
  • Réseaux sociaux : usages, montée en puissance en recrutement, E-reputation

Les thèmes liés au management et à la gestion des ressources humaines – recensés depuis 2002

  • Déroulement des carrières : interruptions, reconversions, précarité, autres formes de travail, changer de métier, carrière d’expert plutôt que manager
  • Intergénérationnel
  • Valeurs
  • Médiation
  • Motivation, Fidéliser, Marque employeur
  • Expatriation, Interculturel, langues
  • Gestion du temps, heure du déjeuner, mode du marathon et de la course, rôle de la pause-café
  • Bonheur en entreprise, conditions de travail, harcèlement, stress, prévention des agressions verbales, relations avec des personnalités difficiles
  • Gestion du temps, procrastination, organisation, « Slow management », confiance, relations , manager au quotidien, conflits, réunions, pyramide de Maslow, prise de parole en public, entretien d’évaluation, dialogue social
  • Formation et ses réformes, universités d’entreprise, rôle de la culture générale
  • Code du travail et ses réformes
  • Année sabbatique, « Casual Friday » et « Dress up Thursday », humour au travail, langage et jargon en entreprise : asap, FYI,…
  • Prêt de salariés, groupement d’employeurs, temps partagé
  • Mécénat de compétences