Fin de l’expérience…

Dans les expressions à la mode depuis quelques années il y a « l’expérience client ». Et si nous ne voulions pas « expérimenter » quoique ce soit mais juste accéder aux biens et services dont nous avons besoin sans dysfonctionnements de toutes sortes ? Bref, un « bon fonctionnement ».

Comme je le disais dans ce blog en juin 2017, c’est moins « fun », « glamour » et tendance : https://isotelie.wordpress.com/2017/06/

Mais parfois on a juste envie que ça tourne : le courrier, les transports, la banque, les administrations de toutes sortes, la gestion des « Utilities » (électricité, gaz, eau, téléphone,…), les courses, bref tout le quotidien.

On nous vante le temps gagné avec telle ou telle appli. On oublie tout le temps perdu au quotidien à juste rétablir une situation normale.

Perdu pour le client.

Perdu aussi pour le salarié ou l’agent en charge de rétablir la situation.

Et stress garanti pour tout le monde !

Alors oui aux expériences si elles contribuent à simplifier notre vie et à nous rendre plus disponibles pour les autres.

Simplifier…

Mixité des CODIR : on stagne !

Le pourcentage de femmes stagne dans les CODIR et ceux-ci continuent à s’agrandir pour améliorer leur mixité.

A presque mi-année, notre suivi de la mixité dans les Comités de Direction confirme les tendances des dernières années :

  • Il n’y a presque plus d’entreprises sans aucune femme dans leur CODIR, le même nombre que celles pour lesquelles les femmes représentent au moins 50%.
  • Un pourcentage de femmes qui stagne autour de 25
  • Des CODIR dont la taille augmente : on atteint une moyenne de 10 personnes en 2019 versus 8 les cinq années précédentes
  • Les CODIR au taux de mixité les plus élevés sont les plus grands : pour parvenir à la mixité, on ajoute des femmes.
  • Les fonctions occupées par les femmes sont encore pour trois quarts du « support » : RH, Communication, Marketing, Juridique, Achats pour un quart d’Opérations : DG, directions de « Business Units » ou Commerciales.

Et pourtant, ça progresse….

Source des données collectées depuis 2005 : rubrique Etat-major du magazine Le Point.

Dessin original d’Ariane Ducellier

 

 

Plus de 50 journées ou semaines à thème, le trop-plein nous guetterait ?

Les journées ou semaines de… se multiplient avec des motivations variées :

  • Attirer notre attention sur une catégorie de personnes : aidants, enseignants, femmes, personnes âgées ou handicapées, sans compter les mères, pères et autre grand-mères
  • une cause : finance solidaire, santé mentale, peine de mort, économie sociale et solidaire, Europe
  • une attitude : gentillesse, sourire, bonheur, procrastination
  • une action pratique : lavage des mains, pas de gaspillage alimentaire, giving Tuesday, réduction des déchets

L’environnement est très présent : sans voiture, vie sauvage, développement durable, commerce équitable

La culture aussi : musique, nuit des cathédrales ou des musées, patrimoine, science, philosophie, goût …

L’économie est plus timide : industrie, ingénieur, épargne salariale, qualité de vie au travail, de même que la santé : don de moelle osseuse, santé mentale, prévention du suicide.

Issues d’initiatives publiques ou privées, individuelles ou collectives, certaines ont un succès indéniable ou historique –1ermai, 8 mars, 21 juin – d’autres se cherchent encore (je vous laisse choisir lesquelles….).

La question de leur impact et de leur efficacité se pose inévitablement : pouvons-nous nous mobiliser chaque jour pour une nouvelle cause ? Comment choisir ?

Ce nuage de mots représente une cinquantaine de causes identifiées, de portée France, Europe ou mondiale ; ce sont des journées, nuits, fêtes, semaines et même une quinzaine. Ne sont pas indiquées les manifestations locales (ville ou département). Vous êtes les bienvenus pour en proposer d’autres…

Les femmes représentent un quart des membres des CODIR des entreprises

En complément, inflation du nombre de membres en 2019 : sur les 10 entreprises présentes, on est à une moyenne de 11 au lieu de 8 les années précédentes. Une tendance à confirmer…

Voici notre bilan 2018 de la présence des femmes dans les Comités de Direction :

  • Encore une progression du nombre de femmes avec 26,6% en 2018 contre 22,8 en 2017 et 20,4 en 2016. De une sur 5, on passe à une sur 4.
  • Encore une baisse du nombre d’entreprises sans aucune femme dans leurs CODIR : 3 sur 45 versus 5 sur 44 en 2017. A quand le zéro ?
  • Une stabilisation du nombre de membres dans les CODIR : 8,2 en moyenne contre 8,68 / 8,59 / 8,53 les 3 années précédentes ; on retrouve le niveau de 2014 (8,12). Plus besoin d’agrandir le CODIR pour y intégrer des femmes.
  • Il reste encore à mieux équilibrer la répartition des fonctions : comme en 2017, près de deux tiers des femmes sont dans des  fonctions Support (surtout RH, Com, Marketing), même si leur présence dans les Achats ou Directions Financières augmente, ainsi que dans les postes de Direction Générale.

Seule ombre au tableau : le nombre d’entreprises atteignant la parité (50% ou plus de femmes) est retombé à 3, comme en 2016, après un passage à 6 en 2017.

(*) Rappel sur la source des données : la rubrique Etat Major du magazine Le Point, collectée en intégralité depuis l’année 2006 et partiellement depuis 2001, soit 44 entreprises ou organisations par an en moyenne et 703 en totalité.

 

Un festival de femmes à l’honneur…

Ajoutons Pinelopi Koujianou Goldberg nommée au poste d’économiste en chef de la Banque Mondiale au 1er  novembre 2018.

Credit: Michael Marsland, Yale University

En quelques jours, 5 femmes nommées ou récompensées. Ne boudons pas notre plaisir.

  • Gita Gopinath 1ère femme cheffe économiste au FMI. Les départements de recherche du FMI, de la Banque mondiale et de l’OCDE sont désormais pilotés par des femmes. Une banalisation bienvenue.
  • Frances H. Arnold Prix Nobel de chimie
  • Donna Strickland Prix Nobel de physique

3 modèles de femmes pour inciter les filles à faire des études scientifiques.

  • Nadia Murad Prix Nobel de la paix
  • Barbara Cassin, philosophe et philologue, 5ème femme médaille d’or du CNRS pour ses recherches menées autour du pouvoir des mots et du langage. Elle est aussi membre de l’Académie Française, où il y a actuellement 5 femmes sur 36.

Paroles d’expertes aux EEE

Pendant que l’Université du MEDEF mobilise l’attention sur le campus d’HEC, la 15ème édition des Entretiens Enseignants- Entreprises s’est tenue les 28 et 29 août 2018 de l’autre côté du plateau de Saclay, à l’Ecole Polytechnique, avec comme thème « les entreprises dans la mondialisation ».

J’ai choisi de rapporter ici la parole des femmes que j’ai pu écouter : voici donc quelques paroles d’expertes ; la retranscription synthétique est la mienne, il ne s’agit pas de citations.

 

Suzanne BERGER Professeur au MIT

La mondialisation apporte la paix, le développement économique de pays émergents (Corée du Sud, Mexique, Chine,…) et la démocratie. Les solutions pour l’améliorer : la mondialisation n’est pas un bloc, on peut mieux réguler le système financier sans abandonner la mondialisation de l’économie réelle ; ralentir et non pas arrêter la croissance, pour laisser plus de temps à l’adaptation et à l’acceptation sociale ; accompagner les politiques d’ouverture de programmes économiques et sociaux pour permettre cette acceptation. En conclusion, chacun peut et doit agir là où il est.

 

Marie-Christine LOMBARD – présidente du directoire de Geodis

Les nouveaux investissements industriels se font au plus près de la consommation des produits mais les bases installées existantes restent importantes et nécessitent une logistique adaptée, qui concerne principalement des produits semi-finis. La question de la création de valeur dans ces flux reste posée, ainsi que celle de leur impact écologique négatif, en particulier dans les mega-villes où pollution, bruit et congestion sont des nuisances réelles, défi pris en compte par des acteurs comme Geodis.

 

Sophie BELLON – présidente du conseil d’administration de Sodexo

3 photos de personnes pour illustrer la mondialisation en montrant la dimension « territoire » et humaine d’une très grande entreprise (450 000 employés, 1er employeur français, 9ème employeur mondial) : des achats locaux au Chili, la formation continue pour les moins qualifiés au Canada, le soutien aux initiatives locales au Brésil via la fondation « Stop-Hunger.org »

 

Isabelle MEJEAN – économiste à l’Ecole Polytechnique

L’analyse de l’éclatement géographique des chaînes de production est un défi pour les économistes car beaucoup de données sont confidentielles, relevant de la stratégie de chaque entreprise. Les questions posées portent sur la répartition de la valeur ajoutée – par exemple entre la partie conception réalisée en Occident et la partie fabrication sous-traitée en Chine ou autre pays asiatique ; ainsi que sur l’intégration par les entreprises de l’impact négatif énergie/pollution de ces flux : la taxation du carbone serait une bonne réponse si appliquée mondialement.

 

Cécile PAULIN – Directrice de programme adjoint véhicules électriques groupe Renault

Illustre la complexité de la « supply chain » de groupes comme l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi avec les risques liés à un fournisseur, parfois unique sur référence, ou les aléas d’une politique minimisant les stocks et dépendant de la qualité de la prévision fine des ventes et des temps variables des transports (bateau, avion-cargo, train…).

 

Sylvie BRUNEL professeure à l’Université Paris IV – géographie

La mondialisation a permis une diminution très importante de la pauvreté absolue et l’apparition d’une large classe moyenne mondiale. Elle a aussi eu comme conséquence une montée des inégalités, autant à l’intérieur des pays qu’entre eux, qui n’est pas compensée partout par la redistribution comme elle l’est en France. Les Etats ont un rôle à jouer en particulier pour les ruraux (1 MM de personnes dans le monde  dont 800 M concernés par la faim) et pour les travailleurs pauvres des services : ce rôle suppose confiance (pas de corruption), stabilité (des institutions et des règles de droit) et fierté nationale (qui ne soit pas repli identitaire).

L’Europe, un géant économique et un nain politique face aux défis posés entre autres par la Chine (dépendance des produits importés qui ne sont plus produits en Europe), la Russie (dépendance énergétique) et les Etats-Unis (dépendance militaire au sein de l’OTAN), etc..

 

Odile RENAUD-BASSO – Directrice Générale du Trésor

Parfois confusion entre les effets de la mondialisation et ceux des progrès technologiques. Au-delà de l’action nécessaire de chaque Etat, besoin de plus de coopération internationale : harmonisation fiscale par exemple. Face au décalage entre perception et réalité, en particulier en France : besoin de développer l’esprit critique, de s’appuyer sur les faits, d’apprendre à analyser.

 

Amélie de MONTCHALIN – députée LREM de la 6ème circonscription de l’Essonne

Deux besoins : du capital pour investir, du capital humain (des compétences) pour innover. Ecart entre l’épargne disponible et le manque de fonds propres des entreprises de taille moyenne pour investir sur le long terme. La France est bien perçue pour sa qualité de vie, ses infrastructures, son positionnement géographique, pas assez pour la qualité de sa recherche et la qualification de ses salariés, en particulier les moins qualifiés. Mieux répondre aux attentes tant des agents publics que des citoyens : moindre coût, meilleure organisation, meilleure accessibilité et fluidité, meilleur usage de la numérisation.

Assez d’analyse, passons à l’action !

Un des travers français est de préférer l’analyse – si possible critique – à l’action (*). Et par moments je désespère de voir que certains sujets n’avancent pas….

Une plongée estivale dans ma documentation me permet de retrouver ces 2 titres d’articles :

  1. « Pourquoi les filles réussissent-elles mieux à l’école ? »
  2. « Trop peu de femmes choisissent les sciences »

Le 1er date de…. mars 2003, il y a plus de 15 ans suite à la parution du n° 886 d’INSEE Première « Motivation et performances scolaires : les filles creusent l’écart » par Zohor Djider et Fabrice Murat.

Les solutions existent pourtant, multiples puisque le problème est de nature systémique. Voici quelques pistes que je vous encourage à compléter – mais pas à critiquer ! – ou alors en remplaçant toute suggestion supprimée par une nouvelle.

  • Faire revenir des enseignants hommes dès le primaire
  • Recenser les expérimentations et permettre leur diffusion – sans forcer une généralisation « obligatoire »
    • Y compris des classes qui à certains moments ne sont pas mixtes.C’est ce que font les réseaux de femmes en entreprise.
  • Parler encore plus de l’échec scolaire supérieur des garçons pour élargir la prise de conscience : enseignants, parents, décideurs
    • et pour cela sexuer les stratistiques (résultats du bac et sorties du système scolaire sans diplôme ne sont pas les mêmes pour filles et garçons)
  • Lutter contre la violence exercée contre les bons élèves garçons dans certains quartiers
  • Encourager l’ambition intellectuelle chez les garçons
  • Encourager la lecture chez les garçons – et leurs pères…

Le 2ème date d’avril 2002. La Croix évoque un problème mondial et rappelle en particulier la création du prix scientifique mondial pour les femmes L’Oréal – Unesco en 1998.

Là encore quelques suggestions – avec la même règle que ci-dessus.

  • Rappeler que les femmes font bien des sciences mais de la vie : médecine, pharmacie, agro, disciplines où elles sont majoritaires
  • Encourager les garçons à faire médecine, pharmacie, agro…. autant qu’on encourage les filles à devenir mathématiciennes, informaticiennes ou ingénieurs
  • Traquer les stéréotypes partout où les jeunes y sont soumis : ce n’est plus la pub à la télé, ce sont les jeux vidéo, les séries sur Netflix ou les vidéos sur Youtube
  • Encourager toutes les créations mettant en valeur des équipes scientifiques mixtes
  • Encourager les colonies de vacances scientifiques en y imposant un certain niveau de mixité
  • Réorganiser les stages de découverte de 3ème en équipes mixtes

A vous la parole !

 

(*) Ainsi j’aimerais faire une suggestion à mes 2 journaux préférés – La Croix et les Echos.

Ils ouvrent leurs colonnes à des non journalistes pour des éditoriaux souvent passionnants mais frustrants car après 90% d’analyse critique, on dispose rarement de 10% pistes de solution.

Et si on imposait comme règle que celles-ci représentent 50% de l’article ? C’est le cas ici….

 

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