Non, ce n’est pas un « fou » : mieux comprendre le fanatisme pour mieux le contrer.

L’actualité réactive hélas notre besoin de comprendre : pourquoi de tels passages à l’acte violent, que ce soit le terrorisme islamiste, les fusillades dans les établissements scolaires aux Etats-Unis, les assassinats antisémites, etc…

Un livre récent de Gérald Bronner apporte quelques réponses à ces questions : les extrémistes sont-ils des fous ? Comment devient-on extrémiste ?

A lire de toute urgence !

Gérald BRONNER.La pensée extrême. Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques. Editions puf 2009 (réédition actualisée en 2016)

Précisions

  • Impossible de résumer ici ces 365 pages, la démarche intellectuelle utilisée ici est claire et nécessite d’être suivie pas à pas.
  • Je n’ai aucun lien financier ou autre avec Gérald Bronner, je trouve ses livres et ses éditoriaux pertinents et le fais savoir.

Mixité des métiers : ne pas se tromper de cible !

1ère conviction : il faut travailler en même temps sur une mixité dans les deux sens ou « double mixité ». Permanent depuis une vingtaine d’années et relativement peu efficace le discours pour encourager les filles vers des métiers exercés majoritairement par des hommes…N’a de sens qu’avec un discours symétrique envers les garçons

2ème conviction : et pour les faire revenir sur des métiers devenus majoritairement exercés par des femmes ; et pas seulement les attirer vers des métiers traditionnellement exercés par des femmes

  • En plus court, l’idéal de l’homme sage-femme ou puériculteur est un phénomène encore marginal
  • C’est aussi l’homme magistrat, l’homme juge, l’homme médecin, l’homme professeur des écoles qu’il faut re-valoriser d’urgence !

Dans l’idéal, élargir les choix professionnels pour tous !

 

une agricultrice et un hôte d’accueil

Les CODIR se féminisent…en s’agrandissant !

23% de femmes dans les CODIR de 2017, une moyenne passée de 1 à 2 femmes par CODIR, mesdames, vous n’êtes plus seules !

D’autant moins que les CODIR ont grossi : dans cette même période de 2005 à 2017,  ils passent de 7 à 9 membres : pour vous faire de la place ?

Comme l’an dernier, le nombre d’entreprises sans aucune femme dans leur CODIR chute : plus que 5 entreprises sur 43, soit 12%. A peu près le même nombre qui sont à parité : 6 entreprises ont 50% ou plus de femmes dans leur CODIR.

Malgré ce renfort, les fonctions occupées restent aux deux tiers des fonctions « Support » : RH, Com, Marketing, Juridique, Achats,… versus un tiers de fonctions opérationnelles : DG, directions de Business Units. Une répartition constante de 2014 à 2017.

L’arrivée d’une 3ème femme dans les CODIR pourrait changer la donne ! C’est déjà le cas dans un tiers des entreprises observées, le record étant de 7 (sur un CODIR de 12).

 

P.S. notre source depuis 2005 est la page « Etat-Major » du magazine Le Point.

Nos données concernent en cumulé 657 entreprises regroupant 4772 managers dont 754 femmes.

Le manager d’hier et de demain : déjà en 1991

ce tableau oppose une série d’éléments de contexte, des valeurs  et des compétences.

Il s’agit d’un article de l’Expansion de décembre 1991 intitulé « l’avenir est au patron flexible » et rendant compte d’une enquête de la Cofremca pour le cabinet Lasanté, Cantet et associés : finis les termes patron ou dirigeant, le chef d’entreprise devient « leader » ou « manager »…ça vous dit quelque chose ? Et en français, on dit comment ? (même si manager a une source latine, la main…)

 

Demain

Changement, opportunité, incertitude, complexité, réseau, équipe, qualité, diversité, international, partage, disponibilité, écoute, équilibre, savoir-être…

Hier

Stratégie, croissance, rationalité, logique, planification, hiérarchie, mission, direction, décisions, anglais, cooptation, distance, isolement, surcharge, compétence, savoir-faire…

Le sport, anti-stress « universel » ou « obligatoire » ? Et la musique alors !

Je n’aime pas le sport. Je n’ai jamais aimé le sport.

J’aime la musique. J’ai toujours aimé la musique.

Le seul sport que j’ai vraiment pratiqué avec plaisir, c’est … la danse, donc du geste en harmonie avec la musique.

Je n’en peux plus de tous ces articles qui vantent le mérite du sport : anti-stress, garantie d’un meilleur vieillissement, d’une meilleure santé,…

Est-ce valable si on le pratique à contrecœur, comme une obligation, sans y trouver de plaisir ?

D’autres formes d’activité ont-elles le même effet ?

Je fais partie d’une chorale depuis plus de 10 ans : j’y ai gagné en puissance de voix et en souffle.

Je joue du piano depuis toute petite : cela demande une coordination yeux / cerveau / main droite / main gauche qui m’étonne toujours autant ; on lit en même 2 lignes de musique codifiées différemment (clé de sol et clé de fa), on envoie l’information à chaque main pour qu’elle joue « sa » ligne » ; et ça fonctionne ! Les muscles et tendons des mains, des bras et du dos sont sollicités.

Ces activités musicales sont depuis longtemps mon remède contre le stress.

Sans compter les nombreuses comparaisons entre Management et compétition sportive. Dans combien de sports fait-on une carrière de plus de 40 ans ? Quels dégâts sont une conséquence d’une activité sportive trop intensive ou de haut niveau ?

Une comparaison entre Management et musique a aussi du sens : chef d’un orchestre symphonique, membre d’une formation de jazz ou d’un quatuor, relations entre chanteur et accompagnateur sont des métaphores tout aussi intéressantes à utiliser, sans compter les nouvelles formes de musique et de création musicale.

Et vous, en ce début d’année où les bonnes résolutions fleurissent, quel est votre anti-stress préféré : le sport ou d’autres activités ?

Avec bien sûr mes meilleurs vœux pour 2018 pour lesquels j’emprunte la jolie formule de Nathacha Appanah dans La Croix : « le meilleur, le magnifique et le merveilleux ».

P.S. j’accueille bien sûr avec bienveillance tous les amateurs de sport de mon entourage… je n’aime pas le sport mais je peux aimer les sportifs….

En complément voir l’étude de l’APEC de juillet 2011 sur les cadres et le sport.

 

Piano

Diffuser l’information, la commenter ou… la créer ?

L’abondance d’information nuit à la qualité… la confusion aussi.

  • On peut diffuser une information : par réseau social, par un media « classique » (radio, télé, presse papier ou numérique). Le professionnalisme consiste à la vérifier avant de la diffuser : vérifier la source, authentifier le fait ou la phrase prononcée.
  • On peut la commenter : c’est toute la différence entre un « éditorial » et un « article » dans un journal. On s’attend à ce que l’éditorial exprime une opinion : pas l’article ! Mais le choix de ce qui est diffusé ou non – extrait d’un discours, phrase sortie de son contexte, accent mis sur une partie de l’information, photo,… – est une opinion déguisée…
  • On peut enfin… la créer de toutes pièces. Ou donner une importance excessive à un acte ou une phrase réels. La nécessité de nourrir des chaînes (radio, télé, Internet) d’information en continu, quelque soit la réalité, nivelle leur niveau d’importance.

Qu’est-ce qu’une information ?

Dans le domaine du management de la connaissance (ou KM pour « knowledge management »), je donnai les exemples suivants pour différencier donnée, information et connaissance.

une donnée élémentaire

  • « 100 unités »
  • « il pleut »
  • « Mr Martin »

une information – combiner plusieurs données élémentaires – on reste factuel

  • 100 ce mois-ci contre 98 le mois dernier
  • ll pleut depuis x minutes y millimètres
  • Mr Martin est notre client depuis 2 ans

une connaissance – on ajoute de l’analyse à l’information brute

  • la saisonnalité des ventes
  • la pluviométrie de cette région
  • les caractéristiques de ce client

 

L’esprit critique sans méthode peut conduire à la crédulité

Parmi les nombreuses réflexions apportées par Gérald Bronner dans son livre « la démocratie des crédules » j’ai retenu la phrase mise en titre de ce billet (*).

Le « droit au doute » apporté par la science s’accompagne d’un « devoir », celui d’une méthode. C’est un moyen pour lutter contre le relativisme ambiant qui pourrait amener à penser que « tout se vaut », le vrai comme le faux, la croyance au même niveau que la connaissance.

La croissance exponentielle de ce qui se diffuse – à défaut de le qualifier d’information (cf prochain article sur ce thème) – accélère ce relativisme, un risque pour la démocratie.

Illustré d’abondants exemples, ce livre permet de mieux comprendre ce qui se joue dans notre monde. Paru en 2013 et mis à jour pour la 8ème édition en 2017, une lecture indispensable à l’humaniste d’aujourd’hui.

 

(*) La phrase complète – page 296

« Tous les efforts d’éducation que les sociétés démocratiques ont consentis paraissent avoir oublié un enjeu essentiel de la connaissance : l’esprit critique, s’il s’exerce sans méthode, conduit facilement à la crédulité. Le doute a des vertus heuristiques, c’est vrai, mais il peut aussi conduire, plutôt qu’à l’autonomie mentale, au nihilisme cognitif »